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Archive for septembre, 2009

Les putes ont gagné

Dimanche, septembre 27th, 2009

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Quand Nicolas Hulot dit qu’il est écologiste, ça me fait le même effet que quand Éric Raoult explique que la loi sur le voile c’était une loi pour protéger les femmes et que lui même est profondément anti-séxiste. Nicolas Hulot, c’est le burkini de la pensée politique, ça ne veut rien dire mais ça marche, ça plait aux cons, et ça éteint le cerveau.

Nicolas Hulot, je croyais qu’on s’en était débarrassé depuis les présidentielles, il revient par la grande porte, celle du commerce et du spectacle. Ça recommence, ça se placarde dans les rues, l’écologiste le plus riche du monde va sortir son sac à pub “le syndrome du Titanic”, ou comment effrayer dans les chaumières sans rien remettre en cause. Sa bande-annonce sonne comme une pub pour un assureur ou une voiture, des belles images, une musique branchouille et sa voix off pleine de “moi”, de “je”, de narcisse et de fausse modestie. Déjà, le mec, sa fondation il l’appelle “Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme”. Il avait quand même un problème de reconnaissance, peut-être d’argent, alors il a fait une marque déposée de son nom. Tiens, j’y pense, Royal va peut-être faire pareil, “Fondation Ségolène Royal pour le désir et l’avenir”.

Le vendeur de shampoing sans paraben fait semblant de critiquer le système. En vérité, il fait juste la morale à ses clients, les petits porteurs de pollution, le consommateur crédule. Le crédule est sympa mais un peu crétin, il s’ébahit devant les belles démonstrations pour moins de consommation et prend pour argent comptant les belles phrases moralisatrices. Alors que la “Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme” est financée par des entreprises dont le but est tout l’inverse, faire consommer plus et toujours plus et gagner encore plus d’argent. Il suffit d’aller voir la page “partenaires” de son site. On nous refait le coup de Yann Arthus-Bertrand et son film financé par Pinot Printemps Redoute.

Là l’argent de Hulot vient de ces belles philanthropies: le groupe Accord, Bouygues, Edf, Les Autoroutes du sud de la France, Tf1, L’Oréal, Norauto, le groupe Banque Populaire, Accenture, et encore plein d’autres entreprises dont la philosophie est bien éloignée des préceptes de simplicité qu’il semble défendre sous sa mèche bien shampouinée. Il le dit en toutes lettres dans sur son site, devenir partenaire de sa fondation, c’est “s’enrichir mutuellement”. Ce mec est un imposteur, un vrai, il a beau porter le pull en laine version gauchiste des Pyrénées, il a forcément bien plus de responsabilités dans la pollution de la planète que n’importe quel berger des Pyrénées. Ou que moi. Ou que le paysan burkinabé. Lui a choisi de renforcer le système. Il fait son commerce avec un truc en vogue, un marché de niche qui s’est transformé en marché de masse. Ce mec gagne 30000 euros par mois (selon le canard enchaîné) sans compter les royaltises de ses franchises “Ushuaïa” pour ses shampoings et autres bagnoles estampillées. Alors quand il vient faire la morale au banlieusard obligé de prendre sa bagnole ou s’il suggère de fermer le robinet quand je brosse les dents, j’ai juste envie de lui éclater sa gueule. Et d’un seul coup, j’ai une pensée émue pour des gens qui font de la politique, et pas du commerce. Même s’ils sont verts. J’imagine de toute la droite va adorer, que Bachelot va parler sur Lci de grands penseurs qui alertent, que Royal va faire une nouvelle mouture de son site en hommage, et que Aubry et Cohn Bendit poseront au grand Rex pour l’avant première. Moi je leur crache dans la bouche. Sans spectacle. Ce mec est le symptôme d’un système qui salit tout ce qu’il touche, qui n’a plus rien de démocratique et qui réduit le débat politique à un grand machin en carton comme le chèque du gagnant du loto sur lequel les candidats à la présidentielle étaient venus gribouiller en 2007.

Grippe Abba.

Samedi, septembre 19th, 2009

J’ai jamais eu une maladie aussi grave et aussi nulle. C’est grave parce que tout le monde a peur, la terre tremble, impossible de faire une sieste sans que le téléphone sonne d’une inquiétude moqueuse. On se gausse un peu. Même mon père y est allé de ses recommandations, lui qui ne me recommande jamais rien à part d’arrêter de fumer. “Mange des carottes, et du jaune d’oeuf mélangé à du rhum”. J’ai voulu changer mon annonce de répondeur pour dire de me laisser tranquille, que j’étais mort, mais j’ai finalement pas osé. Déjà, hier matin, avant le “diagnostic-vous-avez-la-grippe”, quand je suis arrivé chez mon médecin c’était de la science-fiction. Il a fallu que je m’hydroalcoolise les mains avec leur jus bleu qui pue et que je me mette un masque. Le médecin, qui représente le savoir et la science, a lui un grand masque en forme de bec de canard. “Pour ne pas le changer à chaque fois”. Moi j’ai eu droit à ceux dit “de chirurgie”, censément distribué gratuitement à la pharmacie avec mon ordonnance, mais finalement non, c’est dix euros les 80 masques. Mais au moins, quand tu dis pourquoi tu viens, tu es vite servi et tout le monde se pousse sur ton passage.

C’est vraiment une maladie nulle, d’abord parce que c’est une grippe presque décevante. Quarante-huit heures après les premiers symptômes, c’est plié, c’est presque parti. Une claque la première nuit, un petit 38 hier matin, un tout petit petit 38 ce matin, et puis là ce soir, c’est fini, trente-sept tout rond pile poil. Et maintenant, je fais quoi? Je reste en quarantaine? Je meurs déjà d’ennui, j’ai plus envie de lire, de regarder des bêtises à la télé, ma chambre est devenue un cendrier géant. J’ai mal à la tête à force de rien faire et de rester au lit tout le temps. Pire, va savoir, c’était peut-être même pas la bonne grippe. J’ai pas envie de me faire chier une semaine sans voir personne pour une grippe de catégorie B. Je devrais vérifier les pouvoirs de ma salive en sacrifiant mon colocataire. Lui il a peur.

Ce soir, je loupe deux soirées. Plus le reste. C’était mon premier week-end de congé à Paris depuis mon retour d’Afrique en juillet. C’est tout à fait déprimant. Demain j’arrête tout ça, je retourne au bureau, même si c’est dimanche (et même si mon bureau est au bout du couloir, près de ma chambre).

Et puis pour apprendre des vraies choses sur la grippe, allez chez Winkler.

Ça sent le sapin

Vendredi, septembre 18th, 2009

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C’est à la mode, j’en suis, depuis hier soir. Tout le monde me craint avec ma grippe porcine. J’ai des super pouvoirs qui terrorisent. On me craint, je suis malade, j’ai la peste. Un atchoum et je ferme une école. Un crachat dans ta bouche et tu meurs. Ce qui déprimant c’est de rester enfermé quelques jours. Jusqu’ici tout va bien. La fièvre baisse, les courbature tirent, c’est une grippette. J’espère quand même que c’est la A, comme ça, ce sera fait.

Pas de dieu, pas de pays

Mardi, septembre 15th, 2009

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Illustration chipée chez Julesjulien.

Jeans Team feat. Stereo Total, “Das Zelt”, version française:

Jeans Team, “Das Zelt”, version allemande:

On les nommait des étrangers

Mardi, septembre 15th, 2009

C’est un des souvenirs le plus marquant que m’a raconté ma grand-mère: l’affiche rouge placardée dans le Paris occupé, en 1944, lors du procès du “groupe Manouchian”. Les Francs Tireurs Partisans section “main d’oeuvre immigrée”. Des étrangers qui résistaient. Roumains, Hongrois, Arméniens. Communistes. Souvent juifs. “L’armée du crime”. Quinze mille affiches pour convaincre que les métèques sont l’ennemi. Une propagande qui produit l’effet inverse dans la population, ils deviennent des martyrs.

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Ce sont les renseignements généraux français qui firent tomber le réseau. Les 22 hommes furent fusillés le 21 février 1944 au Mont-Valérien. Missak Manouchian a laissé cette lettre à sa femme avant de se faire exécuter. J’espère que  “L’armée du crime” de Guédiguian qui sort demain est à la hauteur de l’Histoire. Et que le ministre de l’identité nationale sait lire, au moins cette lettre. “On les nommait des étrangers”.

“21 février 1944, Fresnes

Ma chère Méline, ma petite orpheline bien aimée. Dans quelques heures je ne serais plus de ce monde. On va être fusillé cet après-midi à 15 heures. Cela m’arrive comme un accident dans ma vie, j’y ne crois pas, mais pourtant, je sais que je ne te verrais plus jamais. Que puis-je t’écrire, tout est confus en moi et bien clair en même temps. Je m’étais engagé dans l’armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la victoire et de but.
Bonheur ! à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. J’en suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir je proclame que je n’ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit. Chacun aura ce qu’il méritera comme châtiment et comme récompense. Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps.
Bonheur ! à tous ! — J’ai un regret profond de ne t’avoir pas rendu heureuse, j’aurais bien voulu avoir un enfant de toi comme tu le voulais toujours. Je te prie donc de te marier après la guerre sans faute et avoir un enfant pour mon honneur et pour accomplir ma dernière volonté. Marie-toi avec quelqu’un qui puisse te rendre heureuse. Tous mes biens et toutes mes affaires je lègue à toi et à ta sœur et pour mes neveux. Après la guerre tu pourras faire valoir ton droit de pension de guerre en temps que ma femme, car je meurs en soldat régulier de l’armée française de la Libération. Avec l’aide des amis qui voudront bien m’honorer tu feras éditer mes poèmes et mes écrits qui valent d’être lus. Tu apporteras mes souvenirs si possible, à mes parents en Arménie. Je mourrais avec mes 23 camarades tout à l’heure avec courage et sérénité d’un homme qui a la conscience bien tranquille, car personnellement, je n’ai fait mal à personne et si je l’ai fait, je l’ai fait sans haine.
Aujourd’hui il y a du soleil. C’est en regardant au soleil et à la belle nature que j’ai tant aimé que je dirais Adieu ! à la vie et à vous tous ma bien chère femme et mes bien chers amis. Je pardonne à tous ceux qui m’ont fait du mal où qui ont voulu me faire du mal sauf à celui qui nous à trahi pour racheter sa peau et ceux qui nous ont vendu. Je t’embrasse bien fort ainsi que ta sœur et tous les amis qui me connaissent de loin ou de près, je vous serre tous sur mon cœur. Adieu. Ton ami Ton camarade Ton mari Manouchian Michel.

P.S. J’ai quinze mille francs dans la valise de la Rue de Plaisance. Si tu peux les prendre rends mes dettes et donne le reste à Armène. M.M. “



“On vit rue du Groupe Manouchian”, par Michel et Baia:


L’affiche rouge sur wikipedia
Les FTP MOI sur wikipedia

Déchirures

Mercredi, septembre 9th, 2009

Un vernissage raté, un retour tardif à République, vite un métro, ligne 11, direction Châtelet, de loin dans le couloir une affiche qui sonne comme du Villéglé, je m’approche pour admirer les déchirures, une main est passée pour signer. J’aime ça les détours inattendus, un inconnu a vu la même chose. Et là c’est presque un orgasme urbain.

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L’oreille en coin

Mardi, septembre 8th, 2009

J’ai zozotté jusqu’à l’âge de dix ans. Du vrai petit zozo sur les che et les je. Et les s. Tout le monde trouvait ça charmant, moi ça me minait. Je ne sais plus quel âge j’avais exactement mais je me souviens du jour ou je me suis rendu compte que je ne parlais pas comme tout le monde. J’en ai voulu à la terre entière de ne pas me l’avoir dit plus tôt. Je jouais souvent à m’enregistrer avec mon frère sur un magnétophone, on faisait des fausses émissions de radio et des sketches, et entendre le son de ma voix était insupportable. J’enviais le délicat déroulé de ses consonnes schsch. Je me rappelle écoutant à table toute ma famille parler, guettant même les premiers babillages de ma petite soeur. Je trouvais ça injuste d’être le seul à schsscher. Aujourd’hui mes parents s’en rappellent à peine. Mais moi je me souviens de tout.
Et puis un jour, sans y penser, je me suis rendu compte que c’était parti. Envolé le petit chschs. J’ai des souvenirs de phrases inventées avec plein de consonnes difficiles à prononcer que je répétais en boucle, de plus en plus vite, pour bien placer ma langue. Je me suis peut-être auto-orthophonisté. Ou ma langue a grandi. Et là je me suis dit, “ouais, classe, maintenant tu pourras travailler à l’oreille en coin sur France inter”.
Depuis, je suis super bon en langue. Moins en linguistique.

Ephéméride du jeudi

Jeudi, septembre 3rd, 2009
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Pour l’ambiance, Gorgeous Behavior par Marching Band.

Mes notes de frais indiquent 79 trajets en train depuis un an,
J’ai dû oublier de rentrer une fois, parce que ce chiffre est impair.
Non, j’irai pas chez le coiffeur, c’est l’hiver et je me couvre.
Les moustachus m’ont toujours ému. Les chapeaux aussi,
Sur moi, ils ne vont jamais, alors j’en porte pas.
Septembre sera chiche.
Une soirée en famille à Barbes ça vaut bien une soirée galettes.
On m’a appris “greige” par la citation d’une vendeuse des galeries.
Une crémaillère dans une studette en banlieue un jeudi soir,
ça vaut bien une heure de métro.
Tes vacances sont terminées d’accord,
Mais ne m’invite pas à ta soirée diapo.

Heureusement qu’Albin de la Simone repasse au café de la danse,
Il est temps de se préparer aux 20 kilomètres de Paris.
Le week-end des goûters d’anniversaire sera nonchalant,
Et joué sous le thème des miniquiches.

Et bientôt c’est l’heure du vin chaud. Vive le vent.