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Ringing at your bell

Un tournage chez les dieux du stade, du jardinage, des chemises à un euro. Une escapade tous les deux à la mer. Le sel, les galets, les moules. Une vieille copine, dormir dans un ancien salon de coiffure. “C’est très arty ici”. Un petit livre, des photos, des visages, des légendes. Des pliages, un vernissage. Couscous gratuit dans une gargote improbable près des beaux-arts. Un ami qui quitte Paris et qui va me manquer. Un autre vieil ami qui se débranche, “il a choisi son moment”, un enterrement de loin. Une machine à laver réparée. Une émission qui se vaporise, remplacée par une autre. Les chaises musicales à la firme. Mon documentaire qui avance, doucement. Un été qui s’annonce chargé. Penser à s’échapper un peu. Profiter de Paris bientôt déserté. Je veux tout, la mer, mon tournage, Paris, la campagne.

Le poussin est parti depuis une semaine chez ses parents loin d’ici. La nuit, parfois, de la main, je le cherche dans le lit. On était tellement enlacés ces derniers temps. Un peu d’air me fait du bien, mais il me manque. Parfois je tambourine, je trépigne. Je lui pète un peu les couilles. Lui aussi. Maladresse contre maladresse, on s’accroche. Et puis on s’explique. Je suis souvent bancal, lui aussi, chacun à sa manière.

Je le comprends mieux, mais pas toujours. Sur moi je deviens plus lucide. Ce que j’attends de nous, de moi, tout ça. Alors je me frotte les yeux, et je vois bien que ça roule. Que je suis heureux de le connaitre, que c’est bon, animal, lyrique, terre-à-terre, aérien, beau, chèvre, mièvre et puissant. Je vois aussi ce qu’il n’arrive pas à donner, de près comme de loin. Là je profite de ma solitude. J’ai hâte de le retrouver.

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