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Archive for the ‘bavard’ Category

Ma parole

Lundi, décembre 28th, 2009

C’est vraiment n’importe quoi. La grosse boite de bretzels ronds et du coca light. La viande des grisons et de la limonade. Je crois qu’il me manque des légumes, des clémentines. Ces choses qui ont poussé dans la terre. Ou du fromage. Et puis c’est tellement plus joyeux de manger du chaud en hiver. La semaine dernière  j’ai encore vu des gens se bousculer pour récupérer les invendus juste périmés dans les poubelles du supermarché. Je me demande s’ils vont solder les trucs chers après les fêtes. Les crevettes, le raisin Muscat, le magret de canard.
Ma résolution: fumer.

Volksbühne

Vendredi, octobre 30th, 2009

punk

Ces derniers temps j’ai eu quelquefois l’impression de me faire cracher à la gueule. Une sensation presque physique, c’est troublant, ça donne l’envie de rester prudent, de pas prêter le flanc, de se méfier, de se planquer. Même pas de répondre alors que normalement je devrais gronder. La ronde qui t’explose un matin à la gueule alors que toi tu essayes simplement de te dépatouiller avec tes trucs sans faire chier personne. Ça raidit tout et ça me rend idiot. Ça rajoute du doute au doute alors que merci, c’est bon, j’en suis déjà pétri.

En ce moment, j’ai besoin d’humour et d’amour. Et d’aventure. Et de soupe de légumes. Et de peinture sur les murs, mais on a toujours rien décidé pour les nouvelles couleurs.

(Pour l’ambiance, il s’en passe, Brigitte Fontaine)

Dans la foule

Lundi, octobre 5th, 2009

pluie(Dura Lex, Brigitte Fontaine)

Ce matin, en allant chez le dentiste j’ai préféré marcher sous la pluie, me mouiller les chaussures, oublier mon parapluie mais finalement non dans un café à Saint-Michel. J’avais besoin d’avoir un peu de ce semblant d’hiver qui arrive et sentir la saison qui change, le froid. J’ai l’impression d’avoir fait tomber certains de mes barreaux. Ce sont bien les miens. Ce serait trop facile de voir l’enfer dans les autres quand ce sont tes tourbillons qui t’amputent. Ce matin, j’avais retrouvé comme une certitude de ne pas me tromper, de mieux comprendre pourquoi certaines choses vont mieux. Ou iront mieux. Ou commencent à aller mieux. Je sais pas exactement, comme si ce doute qui ronge et qui bouffe avait pour une fois un peu moins de prise. Avec le sentiment de construire, c’est fragile mais c’est la bonne route, et c’est plutôt bien.

Ne pas avoir à prouver, juste essayer de se sentir plus libre, et être sincère. Des trucs simples, et tant pis si la norme trouve ça con. Il y a toujours un couperet qui te trouvera idiot, à côté, marginal, étrange, trop vieux ou trop jeune, pas assez pédé, trop intello ou trop gauchiste ou trop con. Trop trop. “Pas les bons codes, pas les bons amis, pas les bonnes chaussures”. Je m’en fous. Vraiment. Comme jamais. L’essentiel c’est ailleurs. Sous la pluie, j’avais froid et les chaussures pleines d’eau, et en même temps j’étais soulagé. Il y a un tas de choses glaçantes, mais aussi le reste. J’avais envie de retourner à Berlin en fin d’après-midi, sous la nuit qui tombe à 17 heures, et de boire du Glühwein. Mais j’étais à Paris sous la pluie, et c’était bien quand même. Parce que je trouve qu’on est beaucoup mieux quand on se tient droit. En tout cas c’est comme ça que j’arrive à donner la main.

Grippe Abba.

Samedi, septembre 19th, 2009

J’ai jamais eu une maladie aussi grave et aussi nulle. C’est grave parce que tout le monde a peur, la terre tremble, impossible de faire une sieste sans que le téléphone sonne d’une inquiétude moqueuse. On se gausse un peu. Même mon père y est allé de ses recommandations, lui qui ne me recommande jamais rien à part d’arrêter de fumer. “Mange des carottes, et du jaune d’oeuf mélangé à du rhum”. J’ai voulu changer mon annonce de répondeur pour dire de me laisser tranquille, que j’étais mort, mais j’ai finalement pas osé. Déjà, hier matin, avant le “diagnostic-vous-avez-la-grippe”, quand je suis arrivé chez mon médecin c’était de la science-fiction. Il a fallu que je m’hydroalcoolise les mains avec leur jus bleu qui pue et que je me mette un masque. Le médecin, qui représente le savoir et la science, a lui un grand masque en forme de bec de canard. “Pour ne pas le changer à chaque fois”. Moi j’ai eu droit à ceux dit “de chirurgie”, censément distribué gratuitement à la pharmacie avec mon ordonnance, mais finalement non, c’est dix euros les 80 masques. Mais au moins, quand tu dis pourquoi tu viens, tu es vite servi et tout le monde se pousse sur ton passage.

C’est vraiment une maladie nulle, d’abord parce que c’est une grippe presque décevante. Quarante-huit heures après les premiers symptômes, c’est plié, c’est presque parti. Une claque la première nuit, un petit 38 hier matin, un tout petit petit 38 ce matin, et puis là ce soir, c’est fini, trente-sept tout rond pile poil. Et maintenant, je fais quoi? Je reste en quarantaine? Je meurs déjà d’ennui, j’ai plus envie de lire, de regarder des bêtises à la télé, ma chambre est devenue un cendrier géant. J’ai mal à la tête à force de rien faire et de rester au lit tout le temps. Pire, va savoir, c’était peut-être même pas la bonne grippe. J’ai pas envie de me faire chier une semaine sans voir personne pour une grippe de catégorie B. Je devrais vérifier les pouvoirs de ma salive en sacrifiant mon colocataire. Lui il a peur.

Ce soir, je loupe deux soirées. Plus le reste. C’était mon premier week-end de congé à Paris depuis mon retour d’Afrique en juillet. C’est tout à fait déprimant. Demain j’arrête tout ça, je retourne au bureau, même si c’est dimanche (et même si mon bureau est au bout du couloir, près de ma chambre).

Et puis pour apprendre des vraies choses sur la grippe, allez chez Winkler.

Ça sent le sapin

Vendredi, septembre 18th, 2009

BeFunky-20

C’est à la mode, j’en suis, depuis hier soir. Tout le monde me craint avec ma grippe porcine. J’ai des super pouvoirs qui terrorisent. On me craint, je suis malade, j’ai la peste. Un atchoum et je ferme une école. Un crachat dans ta bouche et tu meurs. Ce qui déprimant c’est de rester enfermé quelques jours. Jusqu’ici tout va bien. La fièvre baisse, les courbature tirent, c’est une grippette. J’espère quand même que c’est la A, comme ça, ce sera fait.

Avec les mêmes

Lundi, août 31st, 2009

SolLewitt_VariationsOnIncompleteOpenCubes_1974
Je vais à Bibliothèque et j’achète une barre de traction bien trop grande pour tenir dans une encablure. Je vais voir le solde de mon compte en banque comme on ouvre un cadeau-surprise et je suis presque toujours surpris, en bien ou en mal. Je poste le dvd vierge sans avoir fait la copie qu’on m’avait demandée. J’oublie de fermer un abonnement téléphonique que j’utilise plus depuis longtemps. Souvent je me trompe de taille de vêtement, je me trompe d’ennemi, je me mélange, je me trompe tout seul. Là, je sais. J’ai compris. Alors que je regrettais l’été finissant, la rentrée ira mieux. Paris transpire encore un peu, mais les bermudas vont disparaître. De toute façon, j’ai pas eu de vacances, juste des petits jours volés passés à réfléchir. L’été est bientôt fini mais tant pis. Vite, une nouvelle saison. Repeindre certains murs de l’appartement. Un film à terminer. Et des trucs importants à bien faire. Avec conscience, les yeux ouverts, sans se tromper, sans méprise. Sans tout mon tralala, juste en mieux. Pas des résolutions pourries de rentrée mais un processus qui a déjà commencé.

Pour l’ambiance,
Happy Holidays par Hermine Demoriane, chipé chez l’homme scalp.

(J’ai vraiment des progrès à faire en anglais, même avec cet accent je comprends pas la moitié)

La peau et les os

Mardi, août 25th, 2009

Parfois, je ne sais plus. Un monde normalisé, avec une routine invivable, la vie qui s’emballe, qui brûle, la peur même de parler, une envie idiote de fuir et tout laisser en plan. Vouloir changer un tas de choses. Là, ce soir, c’est bien. Une échappée de quelques jours dans un trou paumé sans réseau téléphonique, un internet qui grésille, une vieille maison au milieu du vert et du soleil. Le rêve petit-bourgeois du citadin drogué. Finalement, ça marche. Avec les vieux amis, ceux avec qui on a fait des bêtises avant, quand on croyait vivre en grand, on était presque des enfants. J’ai fait un tas de choses avec eux, des chouettes, insignifiantes et importantes, des impasses aussi, mais elles nous ont construit. Nous sommes encore là. Il y a ceux qui manquent, on y pense. Des moments cons, justes et vrais. Faire la vaisselle, faire le feu. Ne rien faire. Pas besoin de se dire grand-chose, même si on raconte. Il y a le plaisir d’être ensemble, de se regarder, de se toucher, de picoler, de lire, de glander. D’écouter Billy Holiday. De rattraper les vieux numéros du Monde Diplomatique en se moquant de Luc Ferry et ses croisières philosophiques. On rit. On ne peut pas se voir souvent, mais ça suffit. Tout juste on pense aux soucis de correspondance sncf pour retourner dans la vraie vie parce que la campagne sans tgv c’est compliqué. Demain pour elle, vendredi pour lui. Moi je partirais un peu, mais je reviens jeudi. D’autres amis arrivent la semaine prochaine. C’est une petite période magique. Pas besoin d’aller au bout du monde pour être en vacances. Il y a un an, presque jour pour jour, j’arpentais la vallée de la mort aux Etats-Unis pour le boulot, Tucson, Denver et blablabla, et finalement c’est ici, en Farfouille-les-Cancoillotte que je me sens au bout du monde, dans un cul-de-sac juste à côté. J’oublie un temps. Je sais que je ne suis pas le seul à déposer les armes ici, et c’est bien comme ça. On ne règle rien, mais c’est bien. Presque. Sans crampes, sans me tourner le doigt dans le trou du cul de la tête, sans insomnies, sans mon nombril, sans cauchemars. Ici et maintenant. Il manque juste la mer. Courir ou pas. Faire la sieste ou pas. Faire du sport. Aller au lac ou pas. La foret ou le jardin. Haricots ou courgettes. Allumer le sauna ou jouer à la pétanque. Mais comme on a le temps, on fait tout. Oublier le monde. Ou pas. Je pense à lui. À lui aussi. Envoyer une carte à Mamie. Je ne sais pas si tout ça sert vraiment à grand chose. Éteindre son cerveau. Ça va pas fort, mais je baisse les bras, gentiment, quelques jours, quelques heures encore. Ne plus avoir peur de rien. J’ai un peu de chance. Etre loin.

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