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	<title>popincourt.com et puis voilà quoi. &#187; bavard</title>
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		<title>Dix-huit</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Feb 2011 15:48:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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Nous sommes sur sa terrasse, tous les trois. Elle a ressorti l’histoire de son répondeur, sur lequel elle enregistre sur des petites cassettes tous ses messages. Depuis 1996. Tous ont attéri là puisqu’elle a jamais voulu de portable. Des dizaines d’heures. La dernière fois qu’on avait joué avec le petit dictaphone c’était tout à fait étrange [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 18.0px Helvetica} p.p2 {margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; font: 18.0px Helvetica; min-height: 22.0px} --></p>
<p><!-- p.p1 {margin: 0.0px 0.0px 12.0px 0.0px; text-align: justify; line-height: 16.0px; font: 12.0px 'Lucida Grande'} --></p>
<p style="text-align: justify;">Nous sommes sur sa terrasse, tous les trois. Elle a ressorti l’histoire de son répondeur, sur lequel elle enregistre sur des petites cassettes tous ses messages. Depuis 1996. Tous ont attéri là puisqu’elle a jamais voulu de portable. Des dizaines d’heures. La dernière fois qu’on avait joué avec le petit dictaphone c’était tout à fait étrange et rigolo d’entendre nos voix sortir du passé comme ça. Des chansons, des rencards, des blagues, et surtout, des “on se retrouve au café”, en face du campus. Il y a des drames, les larmes, et les blagues. Rien que la compilation des messages d’anniversaires est sublime. Celle des faux anniversaires aussi. Nos voix sont claires. Comme si on avait mué y’a pas si longtemps. C&#8217;est drôle. Il y a tout les “t’es là? décroche”. Y’a Louise Attaque et Mathieu Boogaerts et son ondulé, y’a tout ceux qui ont disparu avec le temps, ceux qui se sont mariés, celui qui est devenu con, ceux qu’on avait oubliés, celle dont on ne préfère pas parler, ceux qu’on ne reconnait pas, ceux qui nous manquent. Il y a son ex et ses menaces, sa mère, je suis sûr que si on cherchait un peu on trouverait certainement tous nos parents dessus, lorsqu’ils nous cherchaient. Y’a tous les imbroglios autour des tam-tam, des je-te-rappelle, de la vie d&#8217;avant les portables.</p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, on est là tous les trois, avec M et L. Il fait bon et on fume une cafetière. Il ne manque que les princes. On raconte nos vie par petits bouts, comme toujours, en repartant de là où on s&#8217;était arrêté la fois d&#8217;avant, comme dans le fil d&#8217;une conversation qui n&#8217;a pas besoin des ponctuations. On se connait si bien, on s&#8217;aime et on a pas besoin de se le dire. Il lève les yeux, et balance “tu te rends compte que ça fait dix-huit ans qu’on est amis, mec?” Rho ouais, non, je me rendais pas compte. Dis-donc.</p>
<p style="text-align: justify;">
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		<title>Ma parole</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 11:34:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est vraiment n&#8217;importe quoi. La grosse boite de bretzels ronds et du coca light. La viande des grisons et de la limonade. Je crois qu&#8217;il me manque des légumes, des clémentines. Ces choses qui ont poussé dans la terre. Ou du fromage. Et puis c&#8217;est tellement plus joyeux de manger du chaud en hiver. La semaine dernière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;est vraiment n&#8217;importe quoi. La grosse boite de bretzels ronds et du coca light. La viande des grisons et de la limonade. Je crois qu&#8217;il me manque des légumes, des clémentines. Ces choses qui ont poussé dans la terre. Ou du fromage. Et puis c&#8217;est tellement plus joyeux de manger du chaud en hiver. La semaine dernière  j&#8217;ai encore vu des gens se bousculer pour récupérer les invendus juste périmés dans les poubelles du supermarché. Je me demande s&#8217;ils vont solder les trucs chers après les fêtes. Les crevettes, le raisin Muscat, le magret de canard.<br />
Ma résolution: fumer.</p>
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		<title>Dans la foule</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Oct 2009 15:22:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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(Dura Lex, Brigitte Fontaine)
Ce matin, en allant chez le dentiste j&#8217;ai préféré marcher sous la pluie, me mouiller les chaussures, oublier mon parapluie mais finalement non dans un café à Saint-Michel. J&#8217;avais besoin d&#8217;avoir un peu de ce semblant d&#8217;hiver qui arrive et sentir la saison qui change, le froid. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir fait tomber [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2000" title="pluie" src="http://popincourt.com/images//pluie2.jpg" alt="pluie" width="500" height="448" /><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="500" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.4shared.com/embed/137763868/5ed499c4" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="20" src="http://www.4shared.com/embed/137763868/5ed499c4" allowfullscreen="true"></embed></object>(Dura Lex, Brigitte Fontaine)</p>
<p style="text-align: justify;">Ce matin, en allant chez le dentiste j&#8217;ai préféré marcher sous la pluie, me mouiller les chaussures, oublier mon parapluie mais finalement non dans un café à Saint-Michel. J&#8217;avais besoin d&#8217;avoir un peu de ce semblant d&#8217;hiver qui arrive et sentir la saison qui change, le froid. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir fait tomber certains de mes barreaux. Ce sont bien les miens. Ce serait trop facile de voir l&#8217;enfer dans les autres quand ce sont tes tourbillons qui t’amputent. Ce matin, j&#8217;avais retrouvé comme une certitude de ne pas me tromper, de mieux comprendre pourquoi certaines choses vont mieux. Ou iront mieux. Ou commencent à aller mieux. Je sais pas exactement, comme si ce doute qui ronge et qui bouffe avait pour une fois un peu moins de prise. Avec le sentiment de construire, c’est fragile mais c’est la bonne route, et c&#8217;est plutôt bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne pas avoir à prouver, juste essayer de se sentir plus libre, et être sincère. Des trucs simples, et tant pis si la norme trouve ça con. Il y a toujours un couperet qui te trouvera idiot, à côté, marginal, étrange, trop vieux ou trop jeune, pas assez pédé, trop intello ou trop gauchiste ou trop con. Trop trop. &#8220;Pas les bons codes, pas les bons amis, pas les bonnes chaussures&#8221;. Je m&#8217;en fous. Vraiment. Comme jamais. L&#8217;essentiel c&#8217;est ailleurs. Sous la pluie, j’avais froid et les chaussures pleines d&#8217;eau, et en même temps j&#8217;étais soulagé. Il y a un tas de choses glaçantes, mais aussi le reste. J’avais envie de retourner à Berlin en fin d’après-midi, sous la nuit qui tombe à 17 heures, et de boire du Glühwein. Mais j’étais à Paris sous la pluie, et c’était bien quand même. Parce que je trouve qu’on est beaucoup mieux quand on se tient droit. En tout cas c’est comme ça que j&#8217;arrive à donner la main.</p>
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		<title>Grippe Abba.</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 18:17:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’ai jamais eu une maladie aussi grave et aussi nulle. C’est grave parce que tout le monde a peur, la terre tremble, impossible de faire une sieste sans que le téléphone sonne d’une inquiétude moqueuse. On se gausse un peu. Même mon père y est allé de ses recommandations, lui qui ne me recommande jamais rien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J’ai jamais eu une maladie aussi grave et aussi nulle. C’est grave parce que tout le monde a peur, la terre tremble, impossible de faire une sieste sans que le téléphone sonne d’une inquiétude moqueuse. On se gausse un peu. Même mon père y est allé de ses recommandations, lui qui ne me recommande jamais rien à part d’arrêter de fumer. “Mange des carottes, et du jaune d’oeuf mélangé à du rhum”. J’ai voulu changer mon annonce de répondeur pour dire de me laisser tranquille, que j’étais mort, mais j’ai finalement pas osé. Déjà, hier matin, avant le “diagnostic-vous-avez-la-grippe”, quand je suis arrivé chez mon médecin c’était de la science-fiction. Il a fallu que je m’hydroalcoolise les mains avec leur jus bleu qui pue et que je me mette un masque. Le médecin, qui représente le savoir et la science, a lui un grand masque en forme de bec de canard. “Pour ne pas le changer à chaque fois”. Moi j’ai eu droit à ceux dit “de chirurgie”, censément distribué gratuitement à la pharmacie avec mon ordonnance, mais finalement non, c’est dix euros les 80 masques. Mais au moins, quand tu dis pourquoi tu viens, tu es vite servi et tout le monde se pousse sur ton passage.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est vraiment une maladie nulle, d’abord parce que c’est une grippe presque décevante. Quarante-huit heures après les premiers symptômes, c’est plié, c’est presque parti. Une claque la première nuit, un petit 38 hier matin, un tout petit petit 38 ce matin, et puis là ce soir, c’est fini, trente-sept tout rond pile poil. Et maintenant, je fais quoi? Je reste en quarantaine? Je meurs déjà d’ennui, j’ai plus envie de lire, de regarder des bêtises à la télé, ma chambre est devenue un cendrier géant. J’ai mal à la tête à force de rien faire et de rester au lit tout le temps. Pire, va savoir, c’était peut-être même pas la bonne grippe. J’ai pas envie de me faire chier une semaine sans voir personne pour une grippe de catégorie B. Je devrais vérifier les pouvoirs de ma salive en sacrifiant mon colocataire. Lui il a peur.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, je loupe deux soirées. Plus le reste. C’était mon premier week-end de congé à Paris depuis mon retour d’Afrique en juillet. C’est tout à fait déprimant. Demain j&#8217;arrête tout ça, je retourne au bureau, même si c&#8217;est dimanche (et même si mon bureau est au bout du couloir, près de ma chambre).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=973" target="_blank">Et puis pour apprendre des vraies choses sur la grippe, allez chez Winkler.</a></p>
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		<title>Ça sent le sapin</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Sep 2009 13:59:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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C&#8217;est à la mode, j&#8217;en suis, depuis hier soir. Tout le monde me craint avec ma grippe porcine. J&#8217;ai des super pouvoirs qui terrorisent. On me craint, je suis malade, j&#8217;ai la peste. Un atchoum et je ferme une école. Un crachat dans ta bouche et tu meurs. Ce qui déprimant c&#8217;est de rester enfermé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-1885" title="BeFunky-20" src="http://popincourt.com/images//BeFunky-202.jpg" alt="BeFunky-20" width="387" height="520" /><br />
<object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="387" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.4shared.com/embed/133591435/c5d6321a" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="387" height="20" src="http://www.4shared.com/embed/133591435/c5d6321a" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est à la mode, j&#8217;en suis, depuis hier soir. Tout le monde me craint avec ma grippe porcine. J&#8217;ai des super pouvoirs qui terrorisent. On me craint, je suis malade, j&#8217;ai la peste. Un atchoum et je ferme une école. Un crachat dans ta bouche et tu meurs. Ce qui déprimant c&#8217;est de rester enfermé quelques jours. Jusqu&#8217;ici tout va bien. La fièvre baisse, les courbature tirent, c&#8217;est une grippette. J&#8217;espère quand même que c&#8217;est la A, comme ça, ce sera fait.</p>
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		<title>La peau et les os</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Aug 2009 22:03:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Parfois, je ne sais plus. Un monde normalisé, avec une routine invivable, la vie qui s&#8217;emballe, qui brûle, la peur même de parler, une envie idiote de fuir et tout laisser en plan. Vouloir changer un tas de choses. Là, ce soir, c&#8217;est bien. Une échappée de quelques jours dans un trou paumé sans réseau [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Parfois, je ne sais plus. Un monde normalisé, avec une routine invivable, la vie qui s&#8217;emballe, qui brûle, la peur même de parler, une envie idiote de fuir et tout laisser en plan. Vouloir changer un tas de choses. Là, ce soir, c&#8217;est bien. Une échappée de quelques jours dans un trou paumé sans réseau téléphonique, un internet qui grésille, une vieille maison au milieu du vert et du soleil. Le rêve petit-bourgeois du citadin drogué. Finalement, ça marche. Avec les vieux amis, ceux avec qui on a fait des bêtises avant, quand on croyait vivre en grand, on était presque des enfants. J&#8217;ai fait un tas de choses avec eux, des chouettes, insignifiantes et importantes, des impasses aussi, mais elles nous ont construit. Nous sommes encore là. Il y a ceux qui manquent, on y pense. Des moments cons, justes et vrais. Faire la vaisselle, faire le feu. Ne rien faire. Pas besoin de se dire grand-chose, même si on raconte. Il y a le plaisir d&#8217;être ensemble, de se regarder, de se toucher, de picoler, de lire, de glander. D&#8217;écouter Billy Holiday. De rattraper les vieux numéros du Monde Diplomatique en se moquant de Luc Ferry et ses croisières philosophiques. On rit. On ne peut pas se voir souvent, mais ça suffit. Tout juste on pense aux soucis de correspondance sncf pour retourner dans la vraie vie parce que la campagne sans tgv c&#8217;est compliqué. Demain pour elle, vendredi pour lui. Moi je partirais un peu, mais je reviens jeudi. D&#8217;autres amis arrivent la semaine prochaine. C&#8217;est une petite période magique. Pas besoin d&#8217;aller au bout du monde pour être en vacances. Il y a un an, presque jour pour jour, j&#8217;arpentais la vallée de la mort aux Etats-Unis pour le boulot, Tucson, Denver et blablabla, et finalement c&#8217;est ici, en Farfouille-les-Cancoillotte que je me sens au bout du monde, dans un cul-de-sac juste à côté. J&#8217;oublie un temps. Je sais que je ne suis pas le seul à déposer les armes ici, et c&#8217;est bien comme ça. On ne règle rien, mais c&#8217;est bien. Presque. Sans crampes, sans me tourner le doigt dans le trou du cul de la tête, sans insomnies, sans mon nombril, sans cauchemars. Ici et maintenant. Il manque juste la mer. Courir ou pas. Faire la sieste ou pas. Faire du sport. Aller au lac ou pas. La foret ou le jardin. Haricots ou courgettes. Allumer le sauna ou jouer à la pétanque. Mais comme on a le temps, on fait tout. Oublier le monde. Ou pas. Je pense à lui. À lui aussi. Envoyer une carte à Mamie. Je ne sais pas si tout ça sert vraiment à grand chose. Éteindre son cerveau. Ça va pas fort, mais je baisse les bras, gentiment, quelques jours, quelques heures encore. Ne plus avoir peur. J&#8217;ai un peu de chance. Etre loin.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-1600" title="IMG_0980_3" src="http://popincourt.com/images//IMG_0980_31.jpg" alt="IMG_0980_3" width="500" height="506" /></p>
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		<title>Rhododendrons</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Aug 2009 13:36:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est idiot, mais maintenant que j&#8217;ai épuisé presque tous les Columbo de la première époque, je peux pas m&#8217;empêcher de penser que ce serait marrant de le suivre pour toutes les enquêtes qu&#8217;il a du foirer. Parce que même si ça fait toujours plaisir de le voir se moucher dans nappes de la haute société [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;est idiot, mais maintenant que j&#8217;ai épuisé presque tous les Columbo de la première époque, je peux pas m&#8217;empêcher de penser que ce serait marrant de le suivre pour toutes les enquêtes qu&#8217;il a du foirer. Parce que même si ça fait toujours plaisir de le voir se moucher dans nappes de la haute société avant de lancer sa fumeuse mais finalement vérité vraie, il a quand même dû se planter souvent. Je le soupçonne même en fait de connaître l&#8217;intrigue à l&#8217;avance, parce là, dans &#8220;Rançon pour un homme mort&#8221;, il faut pas pousser, je me demande comment il a pu commencer à penser que c&#8217;était la veuve la coupable. Miss Fletcher d&#8217;Arabesque c&#8217;est pire encore. Il faudrait la coffrer, vu le nombre de morts violentes en sa présence. Méfions-nous des héros policiers. De ceux qui les admirent aussi, surtout s&#8217;ils portent des vestes en cuir dans des décors sombres accompagnés d&#8217;un air de piano entêtant.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;attends avec impatience mon prochain stage de sensibilisation à la série télé. C&#8217;est pour bientôt. Parce qu&#8217;à part Skins et Rome, je crois pas avoir pratiqué correctement les affaires contemporaines. Même Absolutely Fabulous, on m&#8217;a gentiment mis devant il y a pas très longtemps. Par contre, je maîtrise grave &#8220;Médecins de nuit&#8221;. Ou Derrick. Ou Ein Fall für zwei. C&#8217;est presque poétique. Les Allemands sont les plus forts, c&#8217;est vert et lent comme un costume de flic berlinois. Souvent, c&#8217;est diffusé à l&#8217;heure de la sieste. J&#8217;ai même posé ma voix pour quelques épisodes de Soko 5113 qui avaient jamais été doublés en français. Toujours des petits rôles des jeunes lycéens écervelés. Dans un des épisodes, j&#8217;ai même été l&#8217;assassin. Théo Renner, à la fin, il m&#8217;arrête. Es war lustig.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1537" title="IMG_0519" src="http://popincourt.com/images//IMG_0519.jpg" alt="IMG_0519" width="500" height="375" /></p>
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		<title>Les petites portes</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Jul 2009 21:45:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[travailleur]]></category>

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		<description><![CDATA[Je sens souvent comme un imposteur. Dans tous les boulots que j’ai fait. Quand j’étais barman, quand j’étais moniteur de voile. Quand j’étais standardiste. Quand j’étais ouvreur et que pendant les pièces je bouquinais caché dans les couloirs du théâtre. Quand le contrôleur du train passe, je suis déjà coupable. Si un courrier recommandé arrive, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je sens souvent comme un imposteur. Dans tous les boulots que j’ai fait. Quand j’étais barman, quand j’étais moniteur de voile. Quand j’étais standardiste. Quand j’étais ouvreur et que pendant les pièces je bouquinais caché dans les couloirs du théâtre. Quand le contrôleur du train passe, je suis déjà coupable. Si un courrier recommandé arrive, je cours à la poste, tout inquiet imaginant le pire. Quand le sort me choisit pour une bonne nouvelle, je pense à une erreur. Même quand j’ai eu mon bac, j’ai eu l’impression de ne pas l’avoir vraiment mérité. Que ça n’allait pas tenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mes parents &#8211; pour mon frère et moi mais moins pour ma petite soeur &#8211; ont toujours voulu qu’on se débrouille. Qu’on gagne nos sous, qu’on se paie nos apparts, nos affaires, nos sorties. Parfois, ils comblaient des petits trous à la banque, ou nous accompagnaient remplir un caddie à Auchan quand on faisait trop pitié. Ils ne nous laissaient pas mourir, mais si on voulait partir de la maison, hé ben c’était “débrouille-toi”. Si on voulait fumer, sortir, tout ça, vivre comme un grand, “débrouille-toi”. Je me suis débrouillé. J’étais content parce que ça marchait plutôt bien. J&#8217;ai eu de la chance. L’autonomie a tout de suite senti bon le vent de la liberté. J’ai planté nonchalamment mes deux premières années d’histoire et mes petits boulots ont finalement remplacé les études. Entre les trucs alimentaires et les piges dans la presse quotidienne régionale, j’ai tricoté un peu, et finalement, ça a fonctionné. Le plus drôle, c’est que tout a vraiment commencé en achetant, sous les conseils d’une copine avec qui je déjeune demain, le “guide de la pige”. J’ai suivi à la lettre le chapitre “proposer un papier” et ça a marché. C’était un article sur les sans-papiers. Il y a dix ans, jamais je n’aurais pensé être là où j’en suis maintenant. Rien que d’imaginer être parisien, ça me faisait couiner, alors le reste&#8230; Je regardais les résumés de Télé-Dimanche avec fascination. Aujourd’hui c’est complètement démystifié, j’ai vu, goûté, et je suis passé à d’autres choses. De près, le flux, c’est beaucoup moins rigolo et intéressant. Mon parcours est tout sauf académique. J’ai l’impression d’avoir triché. Alors, à chaque fois qu’un nouveau projet débute, comme en ce moment, je me dis ce sera le dernier. Qu’après, certainement, il faudra trouver un autre boulot, parce que quand même, ils vont bien se rendre compte, que ça serait trop facile&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ça fait huit ans que peu ou prou je suis dans le même bidule, et malgré tout mes oripeaux je continue à avancer, petit à petit. Toujours avec le sentiment lancinant de ne pas être légitime. Toutes ces années m’ont surtout donné des compétences techniques, mais je garde la même fébrilité sur le fond. Du bricolage artisanal là où il faudrait avoir de la créativité. Et vraiment, c’est laborieux. J’ai eu des petits succès -quand j’ai eu un T dans Télérama je suis resté en lévitations quelques jours, la vendeuse de la maison de la presse de Noirmoutier s’en souvient peut-être encore- mais j’ai toujours peur de la confiance qu’on me donne. Peur de faire du moyen, du passable, du mauvais, du nul. Je suis pas né avec la cuiller d’argent dans bouche, tout ça, mais j&#8217;ai eu de la chance. J&#8217;ai rencontré les bonnes personnes au bon moment. Je suis rentré par des petites portes, en grattant proprement à l’entrée. Et puis je me suis fabriqué au contact d’autres. On m&#8217;a fait avancer. On m’a appris. Aujourd’hui, comme toujours, j’ai peur de décevoir. De les décevoir. Et c’est épuisant de se sentir toujours sur la brèche. J’en discutais cet après-midi avec ma collègue, ma jambe droite, celle qui mange des salades de fleurs, et elle me disait ressentir la même chose. Nous sommes des imposteurs. Elle dit que “c’est ce qui nous fait garder les yeux ouverts”, ce qui nous protège de l’aigreur. Se retourner, un peu, pour voir le chemin parcouru, mais surtout rester concentré sur aujourd’hui, maintenant, tout de suite, là. Je suis là.</p>
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		<title>Le sel</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2009 20:38:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le bretzel est mon ami. Depuis toujours, j’en mange de toute sorte. Des secs en boite ancel, boehli, des frais -on en trouve aussi à Paris- des mous, des durs, de tout. Ils sont un peu comme la pizza: mêmes mauvais, ils sont bons. Dans la pizza, c’est le gras qui donne le goût. Dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le bretzel est mon ami. Depuis toujours, j’en mange de toute sorte. Des secs en boite ancel, boehli, des frais -on en trouve aussi à Paris- des mous, des durs, de tout. Ils sont un peu comme la pizza: mêmes mauvais, ils sont bons. Dans la pizza, c’est le gras qui donne le goût. Dans le bretzel, c’est le sel. Il faut qu’il y en ait trop, et là c’est bien. Ça me rappelle même pas mes origines germaniques, c’est tout sauf nostalgique, c’est bon ici et maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Le souci, c’est que pour la salubrité publique, une réglementation européenne met en place une nouvelle norme, un gramme de sel par kilo, alors que le bretzel peut en nécessiter quinze. Ce qui est une bonne idée pour le pain va tuer le bretzel. Je ne sais pas quand tout ça entrera en vigueur, mais j’ai remarqué que déjà les boites du supermarché sont presque dépourvues de sel. En tout cas bien moins qu’avant. C’est le coup de la norme. Le bien commun décidé par une réglementation qui nie la spécificité. La bretzel-compliance sans sel ça n’a aucun intérêt. C’est fade, c’est nul. Les normes me tuent. La morale, les valeurs communes. Tu parles. Être rentable, être en forme, être efficace. Ne pas manger trop salé. Être de bonne humeur. Et sans bretzel salé. Sois propre et va voter, pour la nouvelle star ou pour Cohn-Bendit, peu importe. Surtout, ne sors pas du rang.</p>
<p style="text-align: justify;">J’aimerais m’accepter comme un bretzel trop salé, et vivre bien avec. M’en foutre, puisque c’est moi, et que ça, ça ne se négocie pas. Il faut que je tue mes normes, mes habitudes, mes scléroses. Ma routine. J’ai laissé pendant des années mes choses sensibles en plan parce que je ne voulais plus souffrir. Je me suis beaucoup intéressé à ma réussite professionnelle, parce que je voulais être indépendant et à l’abri. Et puis mes petits succès donnent l’illusion d’exister un peu. Mais cette quête-là, en fait, elle ne finit jamais. Je suis passé hier dans les bureaux de la firme pour laquelle je bosse souvent, et j’ai senti encore à quel point toutes ces réussites sont fragiles. Et qu’elles ne me remplissent pas. Longtemps, je l’ai cru. Parce que je progressais. Parce que c&#8217;est passionnant. Mais ça n&#8217;est pas suffisant. Le reste, c’est tout le reste qui me manque. La vie est ailleurs. Je ne sais pas où je vais, mais en ce moment, je comprends des choses. Un peu comme dans l’ivresse, j’ai l’impression d’avoir une clairvoyance tout en étant sonné, et d’être à un croisement. Tout à l’heure, j’ai reçu un joli message de félicitations de ma tante. Elle a rajouté avant sa signature qu’elle m’aimait. Je ne crois pas qu’elle ne me l’ait jamais dit, même si on s’aime beaucoup dans ma famille. Je ne sais pas si mes amis le sentent, mais plusieurs me l’ont dit ces dernières semaines. Hier soir encore.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai tellement l’esprit occupé que je n’ai rien vu des élections. C’est une première. Je ne veux pas cracher sur le parlement européen, quoi que quand je vois sa couleur bleue libérale, il faudrait. De toute façon, je me suis loupé dimanche, je ne suis pas allé voter. J’avais un train qui m’embarquait bosser en province tôt dans la matinée. Le soir encore, au moment où ça devait caqueter sur les plateaux, j’avais l’esprit pris. Nous avons terminé à la campagne, à gouter du bon vin. Un moment, mon grand chef est arrivé et a donné les résultats. Et puis mes hôtes ont continué à discuter des problèmes d’eau dans le village: pendant quatre jours, les habitations situées en haut de la colline ont été coupées. Et le maire qui n’a rien fait, la préfecture absente pendant tout ce temps. J’aime bien passer chez eux, il y comme une légèreté, du calme, des discussions apaisées, même quand ils s’engueulent. La fois d’avant, ils avaient fait du pâté d’orties. Là il y avait du feu dans la cheminée parce que finalement il faisait un peu froid. On a mangé du canard et de la mousse au chocolat. Dommage, cette fois-ci je ne suis pas resté dormir dans leur belle maison en pierre.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les prochains jours, j’espère que l’audimat sera bon. Qu’au moins, cette partie-là tienne. Et pour le reste, je veux changer. En mieux.</p>
<div style="text-align: justify;"><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="500" height="403" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x26fvp" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="403" src="http://www.dailymotion.com/swf/x26fvp" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/swf/x26fvp">Pour l&#8217;ambiance, Keen Hawaii, Icke und Er, avec leur accent berlinois qui cliquette.<br />
(Je n&#8217;ai pas besoin d&#8217;aller à Hawaï, je me plait ici)</a></strong><br />
<em>par <a href="http://www.dailymotion.com/FourMusic">FourMusic</a></em></div>
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		<title>Godfather</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2009 01:06:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis sur le quai du métro, près de la Seine. Il fait beau, les rails aériens brillent. Elle m&#8217;appelle. Elle est enceinte, jusqu&#8217;ici tout va bien. Je l&#8217;entends rougir. Je la connais depuis nos quinze ans, et je sens que ce n&#8217;est pas le moment de faire des jeux de mots. &#8220;J&#8217;aurais aimé te [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je suis sur le quai du métro, près de la Seine. Il fait beau, les rails aériens brillent. Elle m&#8217;appelle. Elle est enceinte, jusqu&#8217;ici tout va bien. Je l&#8217;entends rougir. Je la connais depuis nos quinze ans, et je sens que ce n&#8217;est pas le moment de faire des jeux de mots. &#8220;J&#8217;aurais aimé te le demander en face, mais je peux plus attendre&#8221;. J&#8217;ai peur, j&#8217;écoute. Tout me passe par la tête, très vite. &#8220;Voilà, en fait, je voulais de demander si tu voulais être le parrain de Lisa&#8221;. Avec son mec, ils se sont dit ça. &#8220;Réfléchis, ne me réponds pas tout de suite&#8221;. Je ne sais pas quoi répondre de toute façon. &#8221;Parrain&#8221;. J&#8217;ai jamais vraiment eu de désir d&#8217;enfant, de parrainage ou quoi que ce soit. Je ne crois même pas m&#8217;être jamais posé cette question. J&#8217;aime bien les enfants, pas tous, mais s&#8217;ils savent marcher et qu&#8217;ils commencent à être des personnes raisonnables, avec qui on peut parler, alors ça va. S&#8217;ils couinent, sont pénibles ou sales, j&#8217;ai plus de mal. Mais sa reproduction, le joyeux événement, c&#8217;est heureux, mais je voyais ça de loin. Ils sont là-bas, je suis à Paris.</p>
<p style="text-align: justify;">Je rappelle quelques minutes plus tard. Évidemment pour dire oui. A ce moment, je le fais pour elle. Parce que sa fille, je ne la connais pas, c&#8217;est une idée, une projection, elle n&#8217;est pas née. Et puis parce que je ne vois pas vraiment à quoi je vais bien pouvoir servir dans toute cette histoire. Mais cette marque de confiance m&#8217;a touché comme jamais. Je ne sais pas trop comment décrire tout ça. Elle va bouleverser sa vie, et elle me demande d&#8217;en être. Elle ne pouvait pas me demander plus, ni offrir plus. Depuis toutes ces années, on s&#8217;est parfois éloigné, on a parfois fusionné, mais toujours ce lien fort est resté. Là, c&#8217;est pire, c&#8217;est mieux. C&#8217;est comme une immense marque de confiance. C&#8217;est entre nous. Un peu comme si en plus d&#8217;être amis, elle me faisait un peu rentrer dans sa fratrie, sa famille, ceux qu&#8217;elle a choisi, son mec, et sa fille. C&#8217;est idiot, mais j&#8217;ai trouvé ça formidable.</p>
<p style="text-align: justify;">Lisa est née. À mes débuts, je ne savais pas comment nous rencontrer. Ce gros machin tout rouge, ses yeux perçants, ses couches pleines, ses pleurs. &#8220;Si si, prends-la dans tes bras&#8221;. J&#8217;ai appris à la changer, mais je l&#8217;ai pas trop fait. Je passais la voir quand je pouvais. Dès le début, ses parents sont souvent venus s&#8217;encanailler à la capitale et me l&#8217;ont laissée pour la soirée. J’osais même pas sortir de la pièce où elle dormait tellement j&#8217;avais peur qu&#8217;il se passe quelque chose. Je la regardais dormir. J&#8217;ai appris. Elle a grandi tellement vite. Dans un coin, chez moi, il y a un lit pliant et des couches de réserve, ça fait rire tout le monde. Je savais rien y faire, mais de toute façon, Lisa, elle sait. Bientôt, elle aura deux ans. Elle est sympa. Drôle. Jolie, intelligente, dégourdie. On se marre bien.</p>
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		<title>Il tempo che resta</title>
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		<pubDate>Sun, 29 Mar 2009 15:33:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Mamie a fêté son anniversaire. 95 ans. Diminuée, malade, elle m&#8217;a fait peur ces derniers mois. Parfois, le téléphone était difficile à décrocher. Je me souviens de ceux qui sont partis, et des sonneries matinales qui annoncent la mort. Les mots tout blancs, tout secs, le silence. Elle va mourir bientôt, tout le monde le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Mamie a fêté son anniversaire. 95 ans. Diminuée, malade, elle m&#8217;a fait peur ces derniers mois. Parfois, le téléphone était difficile à décrocher. Je me souviens de ceux qui sont partis, et des sonneries matinales qui annoncent la mort. Les mots tout blancs, tout secs, le silence. Elle va mourir bientôt, tout le monde le sait, elle le sait, je le sais. Elle est malade. Ce midi, elle s&#8217;est faite belle. Elle a choisi un beau gilet bleu, vif. Un chemisier tout blanc. Nous sommes presque tous là, autour de la table, plusieurs générations et plusieurs continents mélangés.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle essaye de suivre nos conversations. Elle n&#8217;est plus tout à fait avec nous. Son esprit est enfermé dans sa vieillesse, ses confusions. Ses peurs. Doucement, lentement, elle s&#8217;éloigne de nous, immobile. Elle n&#8217;écoute plus France-info, sa radio préférée, celle qui répète toute la journée les mêmes informations et qui lui laissait le temps de bien comprendre. Je me souviens du mouvement contre le CPE. Elle suivait les manifs toute la journée. &#8220;Si j&#8217;avais ton âge, je serais anarchiste&#8221;. Le soir où Chirac a fait sa promulgation-abrogation du décret tant décrié, elle en a presque fait une attaque, et on a dû faire venir le médecin. Elle suivait le monde, Mamie. Râleuse, elle enquiquinait mes tantes et ma mère. Indépendante, chipoteuse, généreuse. Italienne.</p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens des histoires que tu racontais. De ton arrivée en France, à dix ans, avec ton frère. De Paris pendant la guerre, de Papi prisonnier en Allemagne. Du quai de l&#8217;Hôtel de Ville où tu habitais, et où je cherche souvent une trace, une pierre que tu as dû voir. Je me souviens des vacances que je passais chez toi, avec Papi, à la campagne. Les poules, les chats, les cabanes, les framboisiers. Des biftecks et des marconi au gratin. Les surnoms ridicules que tu me donnais et que tu me donnes parfois encore, &#8220;mon lapin&#8221;, &#8220;mon poulet&#8221;. Je me souviens de tout. Et ton rire qu&#8217;on n&#8217;entend plus aujourd&#8217;hui. Tu souris avec cet ait triste. Tes yeux sont vides. Ce midi, nous étions tous ensemble, et ça t&#8217;a fait plaisir de nous voir là, autour de toi. Tu a retenu tes larmes, comme toujours. Tu as fait moins de blagues que d&#8217;habitude, même si on m&#8217;a répété ton idée de la semaine dernière, où tu disais qu&#8217;aujourd&#8217;hui ce serait un beau jour pour mourir. &#8220;Tout le monde viendra à mon anniversaire, autant m&#8217;enterrer tout de suite, comme ça ce sera fait&#8221;.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout est allé si vite. Je sais que tu te bats pour ne pas sombrer.<br />
Il faudrait que tu restes encore un peu.</p>
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		<title>Le ton fait la musique</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Mar 2009 11:28:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dijon est la seule ville que je connaisse où un mauvais chausson aux pommes peut coûter 1€30. Et où, avec un nez pas mouché prêt à éclater, à la question &#8220;vous pouvez me donner aussi une serviette en papier? &#8221; la très vilaine boulangère en tablier fleuri vous répond &#8220;non, les serviettes en papier ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Dijon est la seule ville que je connaisse où un mauvais chausson aux pommes peut coûter 1€30. Et où, avec un nez pas mouché prêt à éclater, à la question &#8220;vous pouvez me donner aussi une serviette en papier? &#8221; la très vilaine boulangère en tablier fleuri vous répond &#8220;non, les serviettes en papier ne sont comprises qu&#8217;avec les pâtisseries à 2€&#8221;. J&#8217;aurais bien aimé savoir me moucher comme un footballeur. Et tout lui balancer sur son étal.</p>
<p>Pour changer d&#8217;air, &#8220;In this lonely town&#8221;, Jeremy Jay<br />
<object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="300" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="flashvars" value="file=http://dc125.4shared.com/img/94677331/1d3867f5/dlink__2Fdownload_2F94677331_2F1d3867f5_2Flt_5Fonline.mp3_3Ftsid_3D20090324-082318-caaae861/preview.mp3&amp;link=http://www.4shared.com/file/94677331/1d3867f5/lt_online.html&amp;plugins=revolt-1&amp;logo=http://dc125.4shared.com/images/logo.png&amp;image=http://dc125.4shared.com/images/icons/misc/mp3_200x180.jpg" /><param name="src" value="http://dc125.4shared.com/flash/flvplayer.swf" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="300" height="20" src="http://dc125.4shared.com/flash/flvplayer.swf" flashvars="file=http://dc125.4shared.com/img/94677331/1d3867f5/dlink__2Fdownload_2F94677331_2F1d3867f5_2Flt_5Fonline.mp3_3Ftsid_3D20090324-082318-caaae861/preview.mp3&amp;link=http://www.4shared.com/file/94677331/1d3867f5/lt_online.html&amp;plugins=revolt-1&amp;logo=http://dc125.4shared.com/images/logo.png&amp;image=http://dc125.4shared.com/images/icons/misc/mp3_200x180.jpg"></embed></object></p>
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		<title>Note de service</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Mar 2009 08:41:09 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pour Bashung, arrêtez de pleurer. Le premier soir je veux bien. Pour Stéphane, qui l&#8217;adorait, je veux bien. Mais continuer à écrire des petits morceaux de Bashung de partout, dans le facebook, dans mes oreilles, arrêtez. Ou allez l&#8217;enterrer au père lachaise avec le premier ministre et Bénabar. Carla Bruni fera certainement une chanson. Mon [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Pour Bashung, arrêtez de pleurer. Le premier soir je veux bien. Pour Stéphane, qui l&#8217;adorait, je veux bien. Mais continuer à écrire des petits morceaux de Bashung de partout, dans le facebook, dans mes oreilles, arrêtez. Ou allez l&#8217;enterrer au père lachaise avec le premier ministre et Bénabar. Carla Bruni fera certainement une chanson. Mon cousin est mort la semaine dernière, ça c&#8217;est vraiment triste. Bashung, je m&#8217;en fous un peu.</p>
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		<title>L&#8217;île joyeuse</title>
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		<pubDate>Fri, 06 Mar 2009 10:18:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pour l&#8217;ambiance, J&#8217;aime Tonku (by Sporto Kantès), de Renaud Papillon Paravel.

Qu&#8217;est qu&#8217;on s&#8217;emmerde! Nadine Morano a beau faire semblant d&#8217;incarner l&#8217;ouverture d&#8217;esprit du gouvernement, et occuper dans les médias Lagardère et Bouygues la place de l&#8217;opposition face à la calotte de Christine Boutin, on s&#8217;emmerde. Alors qu&#8217;il y aurait de quoi aller s&#8217;amuser, à cacher des balles [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; ">Pour l&#8217;ambiance, J&#8217;aime Tonku (by Sporto Kantès), de Renaud Papillon Paravel.</p>
<p><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="470" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="flashvars" value="file=http://dc110.4shared.com/img/91418308/871ae7c8/dlink__2Fdownload_2F91418308_2F871ae7c8_2Ftonk.mp3_3Ftsid_3D20090306-061514-e167657/preview.mp3&amp;link=http://www.4shared.com/file/91418308/871ae7c8/tonk.html&amp;plugins=revolt-1&amp;logo=http://dc110.4shared.com/images/logo.png&amp;image=http://dc110.4shared.com/images/icons/misc/mp3_200x180.jpg" /><param name="src" value="http://dc110.4shared.com/flash/flvplayer.swf" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="470" height="20" src="http://dc110.4shared.com/flash/flvplayer.swf" flashvars="file=http://dc110.4shared.com/img/91418308/871ae7c8/dlink__2Fdownload_2F91418308_2F871ae7c8_2Ftonk.mp3_3Ftsid_3D20090306-061514-e167657/preview.mp3&amp;link=http://www.4shared.com/file/91418308/871ae7c8/tonk.html&amp;plugins=revolt-1&amp;logo=http://dc110.4shared.com/images/logo.png&amp;image=http://dc110.4shared.com/images/icons/misc/mp3_200x180.jpg"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify; ">Qu&#8217;est qu&#8217;on s&#8217;emmerde! Nadine Morano a beau faire semblant d&#8217;incarner l&#8217;ouverture d&#8217;esprit du gouvernement, et occuper dans les médias Lagardère et Bouygues la place de l&#8217;opposition face à la calotte de Christine Boutin, on s&#8217;emmerde. Alors qu&#8217;il y aurait de quoi aller s&#8217;amuser, à cacher des balles de pistolet dans des enveloppes avec des gants, planter des nouvelles tentes rue de la banque ou gloser sur la fin de la Picardie ou l&#8217;annexion de la Lorraine par l&#8217;Alsace, version Baladur. C&#8217;est fou, une journée de congé et la vacuité du monde vous saute à la gorge.</p>
<p style="text-align: justify; ">Heureusement, ce soir, je vais aller écouter le petit musicien qui joue du Debussy, &#8220;L&#8217;isle joyeuse&#8221;, dans l&#8217;Ouest parisien. Il fait beau, j&#8217;irai à pied. Après nous irons nous promener le long de la Seine. Nous éviterons la rue des blancs manteaux. J&#8217;adore les promenades cinématographiques. Pire: cet aprèm, j&#8217;ai dentiste.</p>
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