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	<title> &#187; bavard</title>
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		<title>&#8220;Je ne chante pas pour passer le temps&#8221;</title>
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		<pubDate>Tue, 04 May 2010 13:29:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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Finalement, après avoir passé le week-end à fêter un chouette anniversaire à la maison, trop bu et trop mangé, je suis sorti courir sous la pluie de dimanche. De la vrai flotte, une séance dure et même pas peur. Dans mes yeux le XIIIè des tours et le soleil qui perce les nuages tout noirs, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-2626" title="2074885569_dd8bfb2cd3" src="http://popincourt.com/images//2074885569_dd8bfb2cd3.jpg" alt="2074885569_dd8bfb2cd3" width="500" height="375" /></p>
<p style="text-align: justify;">Finalement, après avoir passé le week-end à fêter un chouette anniversaire à la maison, trop bu et trop mangé, je suis sorti courir sous la pluie de dimanche. De la vrai flotte, une séance dure et même pas peur. Dans mes yeux le XIIIè des tours et le soleil qui perce les nuages tout noirs, un immense arc-en-ciel survole Ivry. Du bout de la rue-du-dessous-des-berges je le vois presque en entier. C&#8217;est beau, c&#8217;est Paris, ça me toujours fait rêver, je transpire, j&#8217;ai froid, j&#8217;ai les os mouillés.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai eu des épiphanies ces temps-ci (je vole ce mot à Pheel, il m&#8217;accuse souvent de lui en prendre mais c&#8217;est faux lalala). Comme si je me réveillais enfin d&#8217;un très mauvais rêve, tu ouvres les yeux, et tu te demandes comment tu as pu participer ou prêter le flanc à tout ce bordel. Comme si on m&#8217;avait raclé un petit bout de cervelle tous les matins sans que je m&#8217;en rende vraiment compte. Et maintenant que le vernis est tout craqué ça fait plein de petits morceaux à ramasser. Alors, je ramasse. Non mais vraiment, je me suis retrouvé à régresser doucement, on a voulu me faire jouer à des jeux pires que dans les années collèges, à qui a dit quoi, à qui poignarde qui, viens que je pactise contre l&#8217;ombre de ton chien, j&#8217;entends encore des chuchotis dans mon dos. Aujourd&#8217;hui avec le verbatim sous la main, tout est devenu limpide. Et moi qui ai servi la soupe. N&#8217;importe quoi.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ma petite vie, j&#8217;ai fait un tas de trucs, j&#8217;ai jamais hésité à tout changer, j&#8217;ai habité dans plein d&#8217;endroits, j&#8217;ai fait la plonge, j&#8217;ai été moniteur de voile, formateur bafa, rédacteur, reporter, cadreur, à Pékin je me suis fait confisquer ma caméra par des militaires parce que mon visa de presse était peu commun alors que j&#8217;étais là pour une toute petite télé à filmer une hagiographie de la Chine capitaliste, à Montréal j&#8217;ai fait des micros-trottoirs sur le Plateau Mont-Royal pour me payer mon billet retour pour Amsterdam, au Georges V j&#8217;ai interviewé Stalone pour un film idiot, l&#8217;été dernier en tournage au Burkina j&#8217;ai filmé des gens formidables au fond de la brousse, j&#8217;ai fait plusieurs documentaires pour la télévision, j&#8217;ai produit des bidules, j&#8217;ai fait la toute petite main, d&#8217;autres fois j&#8217;étais sous les projecteurs. J&#8217;ai de la cervelle, elle est peut-être petite, mais elle ne brasse pas que de l&#8217;air. J&#8217;en suis pas à me branler sur le monde sans y avoir trempé un petit doigt en faisant la morale. Je fabrique. Mes trucs, mes bidules. Là, en enquillant toutes ces perles, je me rassure et j&#8217;ai envie de crier, de brailler, qu&#8217;on cherche pas trop à me prendre pour une espadrille. Même si je suis gentil, c&#8217;est pas la peine de tenter de venir s&#8217;étaler sur mon séchoir. Sauf si tu t&#8217;appelles Serge Halimi ou Jean-Pierre Marielle, ou Augusten Burroughs ou si on s&#8217;aime bien. L&#8217;empathie, tout ça. Parce que moi aussi, j&#8217;ai un peu peur du monde, un peu peur de vieillir, un peu peur de mal faire, un peu peur de la solitude. Mais j&#8217;aime bien les gens. J&#8217;aime bien les petits, j&#8217;aime bien les parias, j&#8217;aime bien aussi  le bruit et l&#8217;odeur. Les nouveaux visages. J&#8217;ai essayé d&#8217;être tolérant ou gentil, et on m&#8217;a pris pour un con. Je suis laissé faire. Aux secours ! Une vraie scène de la Castafiore où je me retrouve à servir le thé. Dans une comédie dramatique je crois que ce serait plutôt rigolo, dans la vie c&#8217;est vraiment pathétique. J&#8217;écris pas le sitcom de ma vie, je suis dedans, je me salis, je me lève le matin, je jouis, je suis dans la vraie vie. J&#8217;ai pas de clan, j&#8217;ai des amis, ceux qui compte, je suis là pour eux et ils sont là pour moi, toujours. J&#8217;ai pas de problème de taille de bite et j&#8217;ai besoin de dominer personne pour exister. On partage des choses essentielles sans avoir besoin de les cultiver. Ma parole, je me débrouille. Tout ça ne fait pas forcément joli sur la photo, ça sent le gauchiste, le bougnoule, le métèque, l&#8217;ouvrier et le petit bourgeois. Le petit pédé à paillette et la sorcière sidéenne. Et même parfois la polaire décathlon. J&#8217;aime bien. Le bourrelet, je ne le combats que sur moi. Les contradictions, les miennes et celles des autres. Des compromis durs, parfois idiots, des concessions molles ou lâches, je me trompe souvent mais pas sur l&#8217;essentiel. Il y a des livres, de l&#8217;amitié, des films, de l&#8217;amour, et ça sent tout sauf le poisson froid. Au secours, de l&#8217;air, de la sincérité, mes rêves sont miniatures, et j&#8217;en suis très content. Aujourd&#8217;hui j&#8217;ai envie de ne plus avoir peur de rien. Ni des coups de matraque ni des coups de pute. En plus j&#8217;ai vraiment arrêté de fumer depuis deux mois et c&#8217;est le printemps, il pleut. La vie, quoi.</p>
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		<title>Ma parole</title>
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		<pubDate>Mon, 28 Dec 2009 11:34:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est vraiment n&#8217;importe quoi. La grosse boite de bretzels ronds et du coca light. La viande des grisons et de la limonade. Je crois qu&#8217;il me manque des légumes, des clémentines. Ces choses qui ont poussé dans la terre. Ou du fromage. Et puis c&#8217;est tellement plus joyeux de manger du chaud en hiver. La semaine dernière [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;est vraiment n&#8217;importe quoi. La grosse boite de bretzels ronds et du coca light. La viande des grisons et de la limonade. Je crois qu&#8217;il me manque des légumes, des clémentines. Ces choses qui ont poussé dans la terre. Ou du fromage. Et puis c&#8217;est tellement plus joyeux de manger du chaud en hiver. La semaine dernière  j&#8217;ai encore vu des gens se bousculer pour récupérer les invendus juste périmés dans les poubelles du supermarché. Je me demande s&#8217;ils vont solder les trucs chers après les fêtes. Les crevettes, le raisin Muscat, le magret de canard.<br />
Ma résolution: fumer.</p>
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		<title>Volksbühne</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Oct 2009 22:27:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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Ces derniers temps j&#8217;ai eu quelquefois l&#8217;impression de me faire cracher à la gueule. Une sensation presque physique, c&#8217;est troublant, ça donne l&#8217;envie de rester prudent, de pas prêter le flanc, de se méfier, de se planquer. Même pas de répondre alors que normalement je devrais gronder. La ronde qui t&#8217;explose un matin à la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify; "><img class="alignnone size-full wp-image-2039" title="punk" src="http://popincourt.com/images//punk.jpg" alt="punk" width="500" height="329" /><br />
<object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="500" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.4shared.com/embed/144721541/7942ad7e" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="20" src="http://www.4shared.com/embed/144721541/7942ad7e" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">Ces derniers temps j&#8217;ai eu quelquefois l&#8217;impression de me faire cracher à la gueule. Une sensation presque physique, c&#8217;est troublant, ça donne l&#8217;envie de rester prudent, de pas prêter le flanc, de se méfier, de se planquer. Même pas de répondre alors que normalement je devrais gronder. La ronde qui t&#8217;explose un matin à la gueule alors que toi tu essayes simplement de te dépatouiller avec tes trucs sans faire chier personne. Ça raidit tout et ça me rend idiot. Ça rajoute du doute au doute alors que merci, c&#8217;est bon, j&#8217;en suis déjà pétri.</p>
<p style="text-align: justify;">En ce moment, j&#8217;ai besoin d&#8217;humour et d&#8217;amour. Et d&#8217;aventure. Et de soupe de légumes. Et de peinture sur les murs, mais on a toujours rien décidé pour les nouvelles couleurs.</p>
<h5><span style="font-weight: normal;">(Pour l&#8217;ambiance, il s&#8217;en passe, Brigitte Fontaine)</span></h5>
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		<title>Dans la foule</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Oct 2009 15:22:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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(Dura Lex, Brigitte Fontaine)
Ce matin, en allant chez le dentiste j&#8217;ai préféré marcher sous la pluie, me mouiller les chaussures, oublier mon parapluie mais finalement non dans un café à Saint-Michel. J&#8217;avais besoin d&#8217;avoir un peu de ce semblant d&#8217;hiver qui arrive et sentir la saison qui change, le froid. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir fait tomber [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">
<p><img class="alignnone size-full wp-image-2000" title="pluie" src="http://popincourt.com/images//pluie2.jpg" alt="pluie" width="500" height="448" /><object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="500" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.4shared.com/embed/137763868/5ed499c4" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="20" src="http://www.4shared.com/embed/137763868/5ed499c4" allowfullscreen="true"></embed></object>(Dura Lex, Brigitte Fontaine)</p>
<p style="text-align: justify;">Ce matin, en allant chez le dentiste j&#8217;ai préféré marcher sous la pluie, me mouiller les chaussures, oublier mon parapluie mais finalement non dans un café à Saint-Michel. J&#8217;avais besoin d&#8217;avoir un peu de ce semblant d&#8217;hiver qui arrive et sentir la saison qui change, le froid. J&#8217;ai l&#8217;impression d&#8217;avoir fait tomber certains de mes barreaux. Ce sont bien les miens. Ce serait trop facile de voir l&#8217;enfer dans les autres quand ce sont tes tourbillons qui t’amputent. Ce matin, j&#8217;avais retrouvé comme une certitude de ne pas me tromper, de mieux comprendre pourquoi certaines choses vont mieux. Ou iront mieux. Ou commencent à aller mieux. Je sais pas exactement, comme si ce doute qui ronge et qui bouffe avait pour une fois un peu moins de prise. Avec le sentiment de construire, c’est fragile mais c’est la bonne route, et c&#8217;est plutôt bien.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne pas avoir à prouver, juste essayer de se sentir plus libre, et être sincère. Des trucs simples, et tant pis si la norme trouve ça con. Il y a toujours un couperet qui te trouvera idiot, à côté, marginal, étrange, trop vieux ou trop jeune, pas assez pédé, trop intello ou trop gauchiste ou trop con. Trop trop. &#8220;Pas les bons codes, pas les bons amis, pas les bonnes chaussures&#8221;. Je m&#8217;en fous. Vraiment. Comme jamais. L&#8217;essentiel c&#8217;est ailleurs. Sous la pluie, j’avais froid et les chaussures pleines d&#8217;eau, et en même temps j&#8217;étais soulagé. Il y a un tas de choses glaçantes, mais aussi le reste. J’avais envie de retourner à Berlin en fin d’après-midi, sous la nuit qui tombe à 17 heures, et de boire du Glühwein. Mais j’étais à Paris sous la pluie, et c’était bien quand même. Parce que je trouve qu’on est beaucoup mieux quand on se tient droit. En tout cas c’est comme ça que j&#8217;arrive à donner la main.</p>
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		<title>Grippe Abba.</title>
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		<pubDate>Sat, 19 Sep 2009 18:17:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J’ai jamais eu une maladie aussi grave et aussi nulle. C’est grave parce que tout le monde a peur, la terre tremble, impossible de faire une sieste sans que le téléphone sonne d’une inquiétude moqueuse. On se gausse un peu. Même mon père y est allé de ses recommandations, lui qui ne me recommande jamais rien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J’ai jamais eu une maladie aussi grave et aussi nulle. C’est grave parce que tout le monde a peur, la terre tremble, impossible de faire une sieste sans que le téléphone sonne d’une inquiétude moqueuse. On se gausse un peu. Même mon père y est allé de ses recommandations, lui qui ne me recommande jamais rien à part d’arrêter de fumer. “Mange des carottes, et du jaune d’oeuf mélangé à du rhum”. J’ai voulu changer mon annonce de répondeur pour dire de me laisser tranquille, que j’étais mort, mais j’ai finalement pas osé. Déjà, hier matin, avant le “diagnostic-vous-avez-la-grippe”, quand je suis arrivé chez mon médecin c’était de la science-fiction. Il a fallu que je m’hydroalcoolise les mains avec leur jus bleu qui pue et que je me mette un masque. Le médecin, qui représente le savoir et la science, a lui un grand masque en forme de bec de canard. “Pour ne pas le changer à chaque fois”. Moi j’ai eu droit à ceux dit “de chirurgie”, censément distribué gratuitement à la pharmacie avec mon ordonnance, mais finalement non, c’est dix euros les 80 masques. Mais au moins, quand tu dis pourquoi tu viens, tu es vite servi et tout le monde se pousse sur ton passage.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est vraiment une maladie nulle, d’abord parce que c’est une grippe presque décevante. Quarante-huit heures après les premiers symptômes, c’est plié, c’est presque parti. Une claque la première nuit, un petit 38 hier matin, un tout petit petit 38 ce matin, et puis là ce soir, c’est fini, trente-sept tout rond pile poil. Et maintenant, je fais quoi? Je reste en quarantaine? Je meurs déjà d’ennui, j’ai plus envie de lire, de regarder des bêtises à la télé, ma chambre est devenue un cendrier géant. J’ai mal à la tête à force de rien faire et de rester au lit tout le temps. Pire, va savoir, c’était peut-être même pas la bonne grippe. J’ai pas envie de me faire chier une semaine sans voir personne pour une grippe de catégorie B. Je devrais vérifier les pouvoirs de ma salive en sacrifiant mon colocataire. Lui il a peur.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, je loupe deux soirées. Plus le reste. C’était mon premier week-end de congé à Paris depuis mon retour d’Afrique en juillet. C’est tout à fait déprimant. Demain j&#8217;arrête tout ça, je retourne au bureau, même si c&#8217;est dimanche (et même si mon bureau est au bout du couloir, près de ma chambre).</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://martinwinckler.com/article.php3?id_article=973" target="_blank">Et puis pour apprendre des vraies choses sur la grippe, allez chez Winkler.</a></p>
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		<title>Ça sent le sapin</title>
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		<pubDate>Fri, 18 Sep 2009 13:59:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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C&#8217;est à la mode, j&#8217;en suis, depuis hier soir. Tout le monde me craint avec ma grippe porcine. J&#8217;ai des super pouvoirs qui terrorisent. On me craint, je suis malade, j&#8217;ai la peste. Un atchoum et je ferme une école. Un crachat dans ta bouche et tu meurs. Ce qui déprimant c&#8217;est de rester enfermé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="alignnone size-full wp-image-1885" title="BeFunky-20" src="http://popincourt.com/images//BeFunky-202.jpg" alt="BeFunky-20" width="387" height="520" /><br />
<object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="387" height="20" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.4shared.com/embed/133591435/c5d6321a" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="387" height="20" src="http://www.4shared.com/embed/133591435/c5d6321a" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est à la mode, j&#8217;en suis, depuis hier soir. Tout le monde me craint avec ma grippe porcine. J&#8217;ai des super pouvoirs qui terrorisent. On me craint, je suis malade, j&#8217;ai la peste. Un atchoum et je ferme une école. Un crachat dans ta bouche et tu meurs. Ce qui déprimant c&#8217;est de rester enfermé quelques jours. Jusqu&#8217;ici tout va bien. La fièvre baisse, les courbature tirent, c&#8217;est une grippette. J&#8217;espère quand même que c&#8217;est la A, comme ça, ce sera fait.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Avec les mêmes</title>
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		<pubDate>Mon, 31 Aug 2009 19:27:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[

Je vais à Bibliothèque et j&#8217;achète une barre de traction bien trop grande pour tenir dans une encablure. Je vais voir le solde de mon compte en banque comme on ouvre un cadeau-surprise et je suis presque toujours surpris, en bien ou en mal. Je poste le dvd vierge sans avoir fait la copie qu&#8217;on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
<p style="margin: 0.0px 0.0px 13.0px 0.0px; text-align: justify; "><img class="alignnone size-full wp-image-1729" title="SolLewitt_VariationsOnIncompleteOpenCubes_1974" src="http://popincourt.com/images//SolLewitt_VariationsOnIncompleteOpenCubes_1974.jpg" alt="SolLewitt_VariationsOnIncompleteOpenCubes_1974" width="500" height="493" /><br />
Je vais à Bibliothèque et j&#8217;achète une barre de traction bien trop grande pour tenir dans une encablure. Je vais voir le solde de mon compte en banque comme on ouvre un cadeau-surprise et je suis presque toujours surpris, en bien ou en mal. Je poste le dvd vierge sans avoir fait la copie qu&#8217;on m&#8217;avait demandée. J&#8217;oublie de fermer un abonnement téléphonique que j&#8217;utilise plus depuis longtemps. Souvent je me trompe de taille de vêtement, je me trompe d&#8217;ennemi, je me mélange, je me trompe tout seul. Là, je sais. J&#8217;ai compris. Alors que je regrettais l&#8217;été finissant, la rentrée ira mieux. Paris transpire encore un peu, mais les bermudas vont disparaître. De toute façon, j&#8217;ai pas eu de vacances, juste des petits jours volés passés à réfléchir. L&#8217;été est bientôt fini mais tant pis. Vite, une nouvelle saison. Repeindre certains murs de l&#8217;appartement. Un film à terminer. Et des trucs importants à bien faire. Avec conscience, les yeux ouverts, sans se tromper, sans méprise. Sans tout mon tralala, juste en mieux. Pas des résolutions pourries de rentrée mais un processus qui a déjà commencé.</p>
<p><span style="font-style: normal;">Pour l&#8217;ambiance,<br />
Happy Holidays par Hermine Demoriane, chipé chez l&#8217;homme scalp.</span><br />
<object classid="clsid:d27cdb6e-ae6d-11cf-96b8-444553540000" width="500" height="19" codebase="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"><param name="src" value="http://www.4shared.com/embed/129158451/df52eec8" /><param name="allowfullscreen" value="true" /><embed type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="19" src="http://www.4shared.com/embed/129158451/df52eec8" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<address>(J&#8217;ai vraiment des progrès à faire en anglais, même avec cet accent je comprends pas la moitié)</address>
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		<title>La peau et les os</title>
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		<pubDate>Mon, 24 Aug 2009 22:03:35 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Parfois, je ne sais plus. Un monde normalisé, avec une routine invivable, la vie qui s&#8217;emballe, qui brûle, la peur même de parler, une envie idiote de fuir et tout laisser en plan. Vouloir changer un tas de choses. Là, ce soir, c&#8217;est bien. Une échappée de quelques jours dans un trou paumé sans réseau [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Parfois, je ne sais plus. Un monde normalisé, avec une routine invivable, la vie qui s&#8217;emballe, qui brûle, la peur même de parler, une envie idiote de fuir et tout laisser en plan. Vouloir changer un tas de choses. Là, ce soir, c&#8217;est bien. Une échappée de quelques jours dans un trou paumé sans réseau téléphonique, un internet qui grésille, une vieille maison au milieu du vert et du soleil. Le rêve petit-bourgeois du citadin drogué. Finalement, ça marche. Avec les vieux amis, ceux avec qui on a fait des bêtises avant, quand on croyait vivre en grand, on était presque des enfants. J&#8217;ai fait un tas de choses avec eux, des chouettes, insignifiantes et importantes, des impasses aussi, mais elles nous ont construit. Nous sommes encore là. Il y a ceux qui manquent, on y pense. Des moments cons, justes et vrais. Faire la vaisselle, faire le feu. Ne rien faire. Pas besoin de se dire grand-chose, même si on raconte. Il y a le plaisir d&#8217;être ensemble, de se regarder, de se toucher, de picoler, de lire, de glander. D&#8217;écouter Billy Holiday. De rattraper les vieux numéros du Monde Diplomatique en se moquant de Luc Ferry et ses croisières philosophiques. On rit. On ne peut pas se voir souvent, mais ça suffit. Tout juste on pense aux soucis de correspondance sncf pour retourner dans la vraie vie parce que la campagne sans tgv c&#8217;est compliqué. Demain pour elle, vendredi pour lui. Moi je partirais un peu, mais je reviens jeudi. D&#8217;autres amis arrivent la semaine prochaine. C&#8217;est une petite période magique. Pas besoin d&#8217;aller au bout du monde pour être en vacances. Il y a un an, presque jour pour jour, j&#8217;arpentais la vallée de la mort aux Etats-Unis pour le boulot, Tucson, Denver et blablabla, et finalement c&#8217;est ici, en Farfouille-les-Cancoillotte que je me sens au bout du monde, dans un cul-de-sac juste à côté. J&#8217;oublie un temps. Je sais que je ne suis pas le seul à déposer les armes ici, et c&#8217;est bien comme ça. On ne règle rien, mais c&#8217;est bien. Presque. Sans crampes, sans me tourner le doigt dans le trou du cul de la tête, sans insomnies, sans mon nombril, sans cauchemars. Ici et maintenant. Il manque juste la mer. Courir ou pas. Faire la sieste ou pas. Faire du sport. Aller au lac ou pas. La foret ou le jardin. Haricots ou courgettes. Allumer le sauna ou jouer à la pétanque. Mais comme on a le temps, on fait tout. Oublier le monde. Ou pas. Je pense à lui. À lui aussi. Envoyer une carte à Mamie. Je ne sais pas si tout ça sert vraiment à grand chose. Éteindre son cerveau. Ça va pas fort, mais je baisse les bras, gentiment, quelques jours, quelques heures encore. Ne plus avoir peur de rien. J&#8217;ai un peu de chance. Etre loin.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-1600" title="IMG_0980_3" src="http://popincourt.com/images//IMG_0980_31.jpg" alt="IMG_0980_3" width="500" height="506" /></p>
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		<title>Rhododendrons</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Aug 2009 13:36:28 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[C&#8217;est idiot, mais maintenant que j&#8217;ai épuisé presque tous les Columbo de la première époque, je peux pas m&#8217;empêcher de penser que ce serait marrant de le suivre pour toutes les enquêtes qu&#8217;il a du foirer. Parce que même si ça fait toujours plaisir de le voir se moucher dans nappes de la haute société [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">C&#8217;est idiot, mais maintenant que j&#8217;ai épuisé presque tous les Columbo de la première époque, je peux pas m&#8217;empêcher de penser que ce serait marrant de le suivre pour toutes les enquêtes qu&#8217;il a du foirer. Parce que même si ça fait toujours plaisir de le voir se moucher dans nappes de la haute société avant de lancer sa fumeuse mais finalement vérité vraie, il a quand même dû se planter souvent. Je le soupçonne même en fait de connaître l&#8217;intrigue à l&#8217;avance, parce là, dans &#8220;Rançon pour un homme mort&#8221;, il faut pas pousser, je me demande comment il a pu commencer à penser que c&#8217;était la veuve la coupable. Miss Fletcher d&#8217;Arabesque c&#8217;est pire encore. Il faudrait la coffrer, vu le nombre de morts violentes en sa présence. Méfions-nous des héros policiers. De ceux qui les admirent aussi, surtout s&#8217;ils portent des vestes en cuir dans des décors sombres accompagnés d&#8217;un air de piano entêtant.</p>
<p style="text-align: justify;">J&#8217;attends avec impatience mon prochain stage de sensibilisation à la série télé. C&#8217;est pour bientôt. Parce qu&#8217;à part Skins et Rome, je crois pas avoir pratiqué correctement les affaires contemporaines. Même Absolutely Fabulous, on m&#8217;a gentiment mis devant il y a pas très longtemps. Par contre, je maîtrise grave &#8220;Médecins de nuit&#8221;. Ou Derrick. Ou Ein Fall für zwei. C&#8217;est presque poétique. Les Allemands sont les plus forts, c&#8217;est vert et lent comme un costume de flic berlinois. Souvent, c&#8217;est diffusé à l&#8217;heure de la sieste. J&#8217;ai même posé ma voix pour quelques épisodes de Soko 5113 qui avaient jamais été doublés en français. Toujours des petits rôles des jeunes lycéens écervelés. Dans un des épisodes, j&#8217;ai même été l&#8217;assassin. Théo Renner, à la fin, il m&#8217;arrête. Es war lustig.</p>
<p><img class="alignnone size-full wp-image-1537" title="IMG_0519" src="http://popincourt.com/images//IMG_0519.jpg" alt="IMG_0519" width="500" height="375" /></p>
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		<title>Les petites portes</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Jul 2009 21:45:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je sens souvent comme un imposteur. Dans tous les boulots que j’ai fait. Quand j’étais barman, quand j’étais moniteur de voile. Quand j’étais standardiste. Quand j’étais ouvreur et que pendant les pièces je bouquinais caché dans les couloirs du théâtre. Quand le contrôleur du train passe, je suis déjà coupable. Si un courrier recommandé arrive, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je sens souvent comme un imposteur. Dans tous les boulots que j’ai fait. Quand j’étais barman, quand j’étais moniteur de voile. Quand j’étais standardiste. Quand j’étais ouvreur et que pendant les pièces je bouquinais caché dans les couloirs du théâtre. Quand le contrôleur du train passe, je suis déjà coupable. Si un courrier recommandé arrive, je cours à la poste, tout inquiet imaginant le pire. Quand le sort me choisit pour une bonne nouvelle, je pense à une erreur. Même quand j’ai eu mon bac, j’ai eu l’impression de ne pas l’avoir vraiment mérité. Que ça n’allait pas tenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mes parents &#8211; pour mon frère et moi mais moins pour ma petite soeur &#8211; ont toujours voulu qu’on se débrouille. Qu’on gagne nos sous, qu’on se paie nos apparts, nos affaires, nos sorties. Parfois, ils comblaient des petits trous à la banque, ou nous accompagnaient remplir un caddie à Auchan quand on faisait trop pitié. Ils ne nous laissaient pas mourir, mais si on voulait partir de la maison, hé ben c’était “débrouille-toi”. Si on voulait fumer, sortir, tout ça, vivre comme un grand, “débrouille-toi”. Je me suis débrouillé. J’étais content parce que ça marchait plutôt bien. J&#8217;ai eu de la chance. L’autonomie a tout de suite senti bon le vent de la liberté. J’ai planté nonchalamment mes deux premières années d’histoire et mes petits boulots ont finalement remplacé les études. Entre les trucs alimentaires et les piges dans la presse quotidienne régionale, j’ai tricoté un peu, et finalement, ça a fonctionné. Le plus drôle, c’est que tout a vraiment commencé en achetant, sous les conseils d’une copine avec qui je déjeune demain, le “guide de la pige”. J’ai suivi à la lettre le chapitre “proposer un papier” et ça a marché. C’était un article sur les sans-papiers. Il y a dix ans, jamais je n’aurais pensé être là où j’en suis maintenant. Rien que d’imaginer être parisien, ça me faisait couiner, alors le reste&#8230; Je regardais les résumés de Télé-Dimanche avec fascination. Aujourd’hui c’est complètement démystifié, j’ai vu, goûté, et je suis passé à d’autres choses. De près, le flux, c’est beaucoup moins rigolo et intéressant. Mon parcours est tout sauf académique. J’ai l’impression d’avoir triché. Alors, à chaque fois qu’un nouveau projet débute, comme en ce moment, je me dis ce sera le dernier. Qu’après, certainement, il faudra trouver un autre boulot, parce que quand même, ils vont bien se rendre compte, que ça serait trop facile&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ça fait huit ans que peu ou prou je suis dans le même bidule, et malgré tout mes oripeaux je continue à avancer, petit à petit. Toujours avec le sentiment lancinant de ne pas être légitime. Toutes ces années m’ont surtout donné des compétences techniques, mais je garde la même fébrilité sur le fond. Du bricolage artisanal là où il faudrait avoir de la créativité. Et vraiment, c’est laborieux. J’ai eu des petits succès -quand j’ai eu un T dans Télérama je suis resté en lévitations quelques jours, la vendeuse de la maison de la presse de Noirmoutier s’en souvient peut-être encore- mais j’ai toujours peur de la confiance qu’on me donne. Peur de faire du moyen, du passable, du mauvais, du nul. Je suis pas né avec la cuiller d’argent dans bouche, tout ça, mais j&#8217;ai eu de la chance. J&#8217;ai rencontré les bonnes personnes au bon moment. Je suis rentré par des petites portes, en grattant proprement à l’entrée. Et puis je me suis fabriqué au contact d’autres. On m&#8217;a fait avancer. On m’a appris. Aujourd’hui, comme toujours, j’ai peur de décevoir. De les décevoir. Et c’est épuisant de se sentir toujours sur la brèche. J’en discutais cet après-midi avec ma collègue, ma jambe droite, celle qui mange des salades de fleurs, et elle me disait ressentir la même chose. Nous sommes des imposteurs. Elle dit que “c’est ce qui nous fait garder les yeux ouverts”, ce qui nous protège de l’aigreur. Se retourner, un peu, pour voir le chemin parcouru, mais surtout rester concentré sur aujourd’hui, maintenant, tout de suite, là. Je suis là.</p>
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		<title>Le sel</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2009 20:38:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le bretzel est mon ami. Depuis toujours, j’en mange de toute sorte. Des secs en boite ancel, boehli, des frais -on en trouve aussi à Paris- des mous, des durs, de tout. Ils sont un peu comme la pizza: mêmes mauvais, ils sont bons. Dans la pizza, c’est le gras qui donne le goût. Dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le bretzel est mon ami. Depuis toujours, j’en mange de toute sorte. Des secs en boite ancel, boehli, des frais -on en trouve aussi à Paris- des mous, des durs, de tout. Ils sont un peu comme la pizza: mêmes mauvais, ils sont bons. Dans la pizza, c’est le gras qui donne le goût. Dans le bretzel, c’est le sel. Il faut qu’il y en ait trop, et là c’est bien. Ça me rappelle même pas mes origines germaniques, c’est tout sauf nostalgique, c’est bon ici et maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Le souci, c’est que pour la salubrité publique, une réglementation européenne met en place une nouvelle norme, un gramme de sel par kilo, alors que le bretzel peut en nécessiter quinze. Ce qui est une bonne idée pour le pain va tuer le bretzel. Je ne sais pas quand tout ça entrera en vigueur, mais j’ai remarqué que déjà les boites du supermarché sont presque dépourvues de sel. En tout cas bien moins qu’avant. C’est le coup de la norme. Le bien commun décidé par une réglementation qui nie la spécificité. La bretzel-compliance sans sel ça n’a aucun intérêt. C’est fade, c’est nul. Les normes me tuent. La morale, les valeurs communes. Tu parles. Être rentable, être en forme, être efficace. Ne pas manger trop salé. Être de bonne humeur. Et sans bretzel salé. Sois propre et va voter, pour la nouvelle star ou pour Cohn-Bendit, peu importe. Surtout, ne sors pas du rang.</p>
<p style="text-align: justify;">J’aimerais m’accepter comme un bretzel trop salé, et vivre bien avec. M’en foutre, puisque c’est moi, et que ça, ça ne se négocie pas. Il faut que je tue mes normes, mes habitudes, mes scléroses. Ma routine. J’ai laissé pendant des années mes choses sensibles en plan parce que je ne voulais plus souffrir. Je me suis beaucoup intéressé à ma réussite professionnelle, parce que je voulais être indépendant et à l’abri. Et puis mes petits succès donnent l’illusion d’exister un peu. Mais cette quête-là, en fait, elle ne finit jamais. Je suis passé hier dans les bureaux de la firme pour laquelle je bosse souvent, et j’ai senti encore à quel point toutes ces réussites sont fragiles. Et qu’elles ne me remplissent pas. Longtemps, je l’ai cru. Parce que je progressais. Parce que c&#8217;est passionnant. Mais ça n&#8217;est pas suffisant. Le reste, c’est tout le reste qui me manque. La vie est ailleurs. Je ne sais pas où je vais, mais en ce moment, je comprends des choses. Un peu comme dans l’ivresse, j’ai l’impression d’avoir une clairvoyance tout en étant sonné, et d’être à un croisement. Tout à l’heure, j’ai reçu un joli message de félicitations de ma tante. Elle a rajouté avant sa signature qu’elle m’aimait. Je ne crois pas qu’elle ne me l’ait jamais dit, même si on s’aime beaucoup dans ma famille. Je ne sais pas si mes amis le sentent, mais plusieurs me l’ont dit ces dernières semaines. Hier soir encore.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai tellement l’esprit occupé que je n’ai rien vu des élections. C’est une première. Je ne veux pas cracher sur le parlement européen, quoi que quand je vois sa couleur bleue libérale, il faudrait. De toute façon, je me suis loupé dimanche, je ne suis pas allé voter. J’avais un train qui m’embarquait bosser en province tôt dans la matinée. Le soir encore, au moment où ça devait caqueter sur les plateaux, j’avais l’esprit pris. Nous avons terminé à la campagne, à gouter du bon vin. Un moment, mon grand chef est arrivé et a donné les résultats. Et puis mes hôtes ont continué à discuter des problèmes d’eau dans le village: pendant quatre jours, les habitations situées en haut de la colline ont été coupées. Et le maire qui n’a rien fait, la préfecture absente pendant tout ce temps. J’aime bien passer chez eux, il y comme une légèreté, du calme, des discussions apaisées, même quand ils s’engueulent. La fois d’avant, ils avaient fait du pâté d’orties. Là il y avait du feu dans la cheminée parce que finalement il faisait un peu froid. On a mangé du canard et de la mousse au chocolat. Dommage, cette fois-ci je ne suis pas resté dormir dans leur belle maison en pierre.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les prochains jours, j’espère que l’audimat sera bon. Qu’au moins, cette partie-là tienne. Et pour le reste, je veux changer. En mieux.</p>
<div style="text-align: justify;"><object width="500" height="403" data="http://www.dailymotion.com/swf/x26fvp" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x26fvp" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/swf/x26fvp">Pour l&#8217;ambiance, Keen Hawaii, Icke und Er, avec leur accent berlinois qui cliquette.<br />
(Je n&#8217;ai pas besoin d&#8217;aller à Hawaï, je me plait ici)</a></strong><br />
<em>par <a href="http://www.dailymotion.com/FourMusic">FourMusic</a></em></div>
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		<title>Godfather</title>
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		<pubDate>Sat, 16 May 2009 01:06:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis sur le quai du métro, près de la Seine. Il fait beau, les rails aériens brillent. Elle m&#8217;appelle. Elle est enceinte, jusqu&#8217;ici tout va bien. Je l&#8217;entends rougir. Je la connais depuis nos quinze ans, et je sens que ce n&#8217;est pas le moment de faire des jeux de mots. &#8220;J&#8217;aurais aimé te [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je suis sur le quai du métro, près de la Seine. Il fait beau, les rails aériens brillent. Elle m&#8217;appelle. Elle est enceinte, jusqu&#8217;ici tout va bien. Je l&#8217;entends rougir. Je la connais depuis nos quinze ans, et je sens que ce n&#8217;est pas le moment de faire des jeux de mots. &#8220;J&#8217;aurais aimé te le demander en face, mais je peux plus attendre&#8221;. J&#8217;ai peur, j&#8217;écoute. Tout me passe par la tête, très vite. &#8220;Voilà, en fait, je voulais de demander si tu voulais être le parrain de Lisa&#8221;. Avec son mec, ils se sont dit ça. &#8220;Réfléchis, ne me réponds pas tout de suite&#8221;. Je ne sais pas quoi répondre de toute façon. &#8221;Parrain&#8221;. J&#8217;ai jamais vraiment eu de désir d&#8217;enfant, de parrainage ou quoi que ce soit. Je ne crois même pas m&#8217;être jamais posé cette question. J&#8217;aime bien les enfants, pas tous, mais s&#8217;ils savent marcher et qu&#8217;ils commencent à être des personnes raisonnables, avec qui on peut parler, alors ça va. S&#8217;ils couinent, sont pénibles ou sales, j&#8217;ai plus de mal. Mais sa reproduction, le joyeux événement, c&#8217;est heureux, mais je voyais ça de loin. Ils sont là-bas, je suis à Paris.</p>
<p style="text-align: justify;">Je rappelle quelques minutes plus tard. Évidemment pour dire oui. A ce moment, je le fais pour elle. Parce que sa fille, je ne la connais pas, c&#8217;est une idée, une projection, elle n&#8217;est pas née. Et puis parce que je ne vois pas vraiment à quoi je vais bien pouvoir servir dans toute cette histoire. Mais cette marque de confiance m&#8217;a touché comme jamais. Je ne sais pas trop comment décrire tout ça. Elle va bouleverser sa vie, et elle me demande d&#8217;en être. Elle ne pouvait pas me demander plus, ni offrir plus. Depuis toutes ces années, on s&#8217;est parfois éloigné, on a parfois fusionné, mais toujours ce lien fort est resté. Là, c&#8217;est pire, c&#8217;est mieux. C&#8217;est comme une immense marque de confiance. C&#8217;est entre nous. Un peu comme si en plus d&#8217;être amis, elle me faisait un peu rentrer dans sa fratrie, sa famille, ceux qu&#8217;elle a choisi, son mec, et sa fille. C&#8217;est idiot, mais j&#8217;ai trouvé ça formidable.</p>
<p style="text-align: justify;">Lisa est née. À mes débuts, je ne savais pas comment nous rencontrer. Ce gros machin tout rouge, ses yeux perçants, ses couches pleines, ses pleurs. &#8220;Si si, prends-la dans tes bras&#8221;. J&#8217;ai appris à la changer, mais je l&#8217;ai pas trop fait. Je passais la voir quand je pouvais. Dès le début, ses parents sont souvent venus s&#8217;encanailler à la capitale et me l&#8217;ont laissée pour la soirée. J’osais même pas sortir de la pièce où elle dormait tellement j&#8217;avais peur qu&#8217;il se passe quelque chose. Je la regardais dormir. J&#8217;ai appris. Elle a grandi tellement vite. Dans un coin, chez moi, il y a un lit pliant et des couches de réserve, ça fait rire tout le monde. Je savais rien y faire, mais de toute façon, Lisa, elle sait. Bientôt, elle aura deux ans. Elle est sympa. Drôle. Jolie, intelligente, dégourdie. On se marre bien.</p>
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		<title>La valise en carton</title>
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		<pubDate>Wed, 29 Apr 2009 12:04:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Devenir parisien a été une aventure. Ça a été long, laborieux, et exaltant. Et finalement, ça m&#8217;a pris quelques années pour que je me sente chez moi ici. Petit je voyais cette ville comme la capitale du tout, le centre du monde connu, le milieu de l&#8217;empire. Je me souviens lorsqu&#8217;on allait en famille chez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://popincourt.com/images/ici.gif" alt="" /></p>
<p style="text-align: justify;">Devenir parisien a été une aventure. Ça a été long, laborieux, et exaltant. Et finalement, ça m&#8217;a pris quelques années pour que je me sente chez moi ici. Petit je voyais cette ville comme la capitale du tout, le centre du monde connu, le milieu de l&#8217;empire. Je me souviens lorsqu&#8217;on allait en famille chez ma tante, à Barbes. J&#8217;adorais me perdre dans le boucan du triangle magique, de la rue Doudeauville à la goutte d&#8217;or, la rue Léon, et puis chez Tati. D&#8217;avoir à deux pas l&#8217;église Saint-Bernard et d&#8217;aller faire l&#8217;estivant en apportant des trucs aux sans-papiers en lutte. J&#8217;étais jaloux de mon cousin qui allait au lycée en métro, alors que moi j&#8217;allais au collège à vélo, dans mon faubourg de province. Aujourd&#8217;hui encore je reconnais avec plaisir l&#8217;odeur moite de la ligne 4, surtout après Strasbourg-Saint-Denis, direction porte de Clignacourt. Il y a des images comme ça qui restent. J&#8217;ai découvert bien plus tard le reste de la ville. Je suis venu ici pour le boulot, il y a cinq ans, et puis aussi surtout parce que ça brillait fort. Et puis tout s&#8217;est enchaîné.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Au début, tu es perdu. La ville est grande, grouillante et insondable. Tu apprends vite les usages, comme tenir ta droite dans l&#8217;escalator, d&#8217;acheter ton coupon de carte orange à l&#8217;avance et pas le 1er au matin. Donner une pièce à l&#8217;ouvreur au théâtre. Mater dans le reflet des vitres du métro. Comprendre que quand tu as besoin de passer, il suffit de dire pardon bien fort pour avoir le droit de bousculer le touriste américain qui bloque la sortie avec ses grosses valises. Et puis cavaler dans les couloirs du métro. Ça, j&#8217;ai aimé tout de suite. J&#8217;aime tout dans le métro, même quand ça sent mauvais.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne pas demander sa route à un parisien, il n&#8217;y connait rien, à part son quartier, l&#8217;endroit où il bosse, et encore. Il est capable de te raconter n&#8217;importe quoi. Ou si vraiment tu n&#8217;as pas de plan, recoupe tes informations. De toute façon, ici, tout le monde est immigré. C&#8217;est tellement rare de croiser un &#8220;vrai&#8221; parisien. Avec celui qui le prétend, il suffit de gratter un peu pour lui trouver au pire des origines auvergnates ou bretonnes. Moi, il paraît que parfois, j&#8217;ai mon accent qui revient. Il faut se faire une raison, dans ton ancien chez-toi, tu n&#8217;es plus qu&#8217;un sale connard de parisien. Ici, qu&#8217;un provincial parvenu. Alors autant te sentir chez toi là où tu es. C&#8217;est le droit du sol. Le seul endroit de France où à chaque fois que la neige tombe, ça fait l&#8217;ouverture des journaux télés. Les premiers mois ont été difficiles, j&#8217;étais fauché, je connaissais pas grand monde, à part des collègues chiants. D&#8217;autres moins. J&#8217;ai fait mon petit trou, petit à petit. Aujourd&#8217;hui, je me vois pas habiter autre part. Au bout de ces quelques années, j&#8217;ai toujours du mal à maîtriser les arrondissements et leur enfilade en escargot, mais j&#8217;ai compris l&#8217;histoire du périphérique intérieur et extérieur. Vu d&#8217;en haut, je confonds toujours la rue du Jean-Pierre Timbaud et la rue Oberkampf. J&#8217;aime traverser le parvis de Notre-Dame d&#8217;un air blasé et avoir l&#8217;impression de faire partie du décor, au milieu des touristes. Aller prendre un verre dans le ghetto avant de remonter japoner à Belleville. Retrouver les copains militants, aller les aider quand ça grabuge. Regarder la Bastille s&#8217;embraser. Me rendre compte en arpentant la ville que j&#8217;y ai des souvenirs et mes petites histoires. Définitivement j&#8217;adore la grande ville, anonyme, grosse, grouillante, où je peux passer en instant d&#8217;une tribu à une autre. C&#8217;est vrai, je cloisonne à mort toutes mes vies. Mais c&#8217;est facile, et j&#8217;y suis bien.</p>
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		<title>Sophie Delermo</title>
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		<pubDate>Wed, 15 Apr 2009 11:52:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<category><![CDATA[chanson]]></category>
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		<category><![CDATA[courgette]]></category>
		<category><![CDATA[grande sophie]]></category>

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		<description><![CDATA[Discussion sur la Grande Sophie.
- popin: C&#8217;est pas trop mal. Ça casse pas les oreilles, c&#8217;est joli.
Mais c&#8217;est bien tout. Ça doit être un album france-inter, non?
- bon-ami: Mais elle raconte sa vie, les choses du quotidien.
C&#8217;est pas pire que toi sur ton blog.
- popin: C&#8217;est exactement ça.
Une chanteuse qui chante comme on blogue, elle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Discussion sur la Grande Sophie.</p>
<p><strong>- popin:</strong> C&#8217;est pas trop mal. Ça casse pas les oreilles, c&#8217;est joli.<br />
Mais c&#8217;est bien tout. Ça doit être un album france-inter, non?</p>
<p><strong>- bon-ami:</strong> Mais elle raconte sa vie, les choses du quotidien.<br />
C&#8217;est pas pire que toi sur ton blog.</p>
<p><strong>- popin:</strong> C&#8217;est exactement ça.<br />
Une chanteuse qui chante comme on blogue, elle bavasse.</p>
<p>Sauf que moi je ne chante pas. Et je ne demande pas d&#8217;argent.</p>
<p>T&#8217;es comment?<br />
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