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	<title> &#187; casseroles</title>
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		<title>Mon ancien doudou</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Mar 2010 10:44:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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Je me souviens des premières cigarettes que je volais à mon grand frère, le tabac, le papier, je trouvais que ça sentait bon. Je trouvais qu’elles étaient belles, toutes alignées et tassées dans le paquet. J’ai appris à fumer en cachette, la nuit, dans la chambre que je partageais avec lui. Souvent, le soir, il [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://popincourt.com/images//4264034472_b27843ca94.jpg"><img class="alignnone size-full wp-image-2561" title="4264034472_b27843ca94" src="http://popincourt.com/images//4264034472_b27843ca94.jpg" alt="4264034472_b27843ca94" width="500" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">Je me souviens des premières cigarettes que je volais à mon grand frère, le tabac, le papier, je trouvais que ça sentait bon. Je trouvais qu’elles étaient belles, toutes alignées et tassées dans le paquet. J’ai appris à fumer en cachette, la nuit, dans la chambre que je partageais avec lui. Souvent, le soir, il faisait le mur, j’en profitais pour faire ses poches et m’en griller une petite. Je me répétais cette phrase, “je vais m’en griller une petite”, je me la pétais, la nuit, en caleçon, à souffler mes premières cigarettes dans les trous des volets pour que ça ne sente rien dans la chambre. C’était pas très bon, ça me faisait tourner la tête, mais ça donnait une belle allure. Pas comme ma tante ou mon grand père, mais comme un gangster, un terroriste, comme lucky luke, comme Aldo, le voyou du collège. Je me trouvais vraiment émancipé avec ma clope au bec, à me répéter ça, “je m’en grille une petite”.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis quinze ans, je fume, depuis quinze ans, je tire, depuis quinze ans je suis un cowboy. Depuis quinze ans je suis dans le clan des fumeurs, le clan des cools face au clan des des tristes, ceux qui fument pas, les idiots, ceux qui n’ont rien compris. Une ligne à tracer sur le sol, un truc identitaire, une amicale mondiale qui fait que l’ouvrier peut arrêter le bourgeois dans la rue. À défaut de partager les mêmes intérêts de classe nous partageons le feu.</p>
<p style="text-align: justify;">Bon, en vrai, tout ça, c’est de la foutaise, je claquais presque deux paquets par jour, je puais de la gueule et j’avais une sale mine. Et puis la dépendance, la queue au tabac, les sorties intempestive des trains aux petits arrêts de campagne, et encore toute une brouette d&#8217;autres trucs agaçants. Alors j’ai arrêté de fumer. Depuis dix-huit jours, et tout va bien. Je fanfaronne maintenant mais les premiers jours je faisais pas mon malin. Je gobe du champix, un le matin, un le soir, mais parfois je l’oublie. J’épluche des légumes et je bois de la tisane. À part des petits moments de vide, parce qu’elle remplissait aussi ce rôle, ma clope, elle m’occupait, ça va. Ça va presque. Je suis un petit oiseau qui se libère. Je regarde la balance mais là j&#8217;ai tendance à maigrir. Ça va. J’ai même essayé de faire du Yoga, mais une heure à jouer le condor, ça m’a pas plu. Mais ça va. J&#8217;aime pas qu&#8217;on me souffle dans la bouche la fumée parce que parfois c&#8217;est dur de vous voir tous tirer, mais je ne m&#8217;inquiète pas, je crois que je resterai anti-anti-tabac, suçons la morale. J&#8217;arrête, c&#8217;est tout. Pour de vrai, pour moi. Peu me croient capables de ça, mais en fait ça marche, c’est fou. Ça va presque bien. C&#8217;est le printemps. Je viens de me faire un week-end en plein milieu de la semaine chez un copain à la campagne. Trois jours de super mario kart, de livres et de jardin ensoleillé. Les chats, le sauna, le potager à préparer pour la nouvelle saison. L&#8217;aventure.</p>
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		<title>La ravachole</title>
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		<pubDate>Fri, 22 Jan 2010 17:00:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je suis enfermé dans une camisole de petit bourgeois, blanc, parisien, pédé. Plusieurs fois j’ai cru y échapper en changeant les couleurs, les murs, en changeant de ville, en perdant trente kilos, en partant filmer la vie à l’autre bout du monde, en travaillant pour des trucs à paillettes. Je pensais même que réussir professionnellement [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je suis enfermé dans une camisole de petit bourgeois, blanc, parisien, pédé. Plusieurs fois j’ai cru y échapper en changeant les couleurs, les murs, en changeant de ville, en perdant trente kilos, en partant filmer la vie à l’autre bout du monde, en travaillant pour des trucs à paillettes. Je pensais même que réussir professionnellement allait tout régler. En essayant de faire le beau finalement je n&#8217;ai poli que l’enveloppe. C’est vain parce que je ne respecte rien, même moi je me méprise, j’oublie ce qui me fonde et ce en quoi je crois. Je suis capable de mégoter sur l’essentiel et passer des jours entiers à cultiver le futile. A faire briller mes casseroles pour me plaindre sur ma vie sans imaginer qu’il suffirait de les balancer bien fort au loin et m’en foutre. Personne ne m’en empêche. Avec elles jeter toute la morale, les normes, les interdits, les prisons. Le fric. Toutes mes peurs. Je me sens enfermé comme Jeanne dans La Cérémonie de Chabrol, porteur de petits secrets que je ne règle jamais et qui finalement deviennent une boucherie. Sauf que moi je ne suis pas Jeanne, je ne veux abattre personne, je ne voulais pas du fusil. Je vois que ça penche, que je suis devenu tout ce que je ne voulais pas être, je poursuis trucs sans jamais les atteindre parce que dès que j’y touche le mirage disparaît. Il s’agit pas de conquête ou de domination, de possession, c’est juste une fuite lâche pour ne pas affronter l’essentiel. C’est trop souvent la panique qui me fait bouger. Je voulais fabriquer, créer, partager, aimer, pas mouliner sans me retourner. Je voudrais retourner me cogner aux flics des occupations des intermittents et des mal-logés. Pas pour le frisson mais pour être là où ça se passe, là où le rapport de force se crée, être dans la vie. Arrêter de dépenser des fortunes chez La prairie. Profiter de la chance que j’ai. Parce que putain j’en ai. L’urgence c’est pas le temps qui reste mais c’est celui qui passe et qui est déjà perdu, du gâchis, de la souffrance, et surtout pas que la mienne. Je sais que j’ai fait du mal en louvoyant. J’ai mis des années à casser ma vie hétéronomée avant d’assumer d’aimer aussi la bite, c’était nouveau, c’était bien, mais finalement j’en ai fait la branlette de mes fantasmes, de ce que je serais, de ce que je pourrais être, de ce que je pourrais avoir, c’est le piège mortel. C’est pas moi. J’ai brûlé et abimé des liens importants qui sont aussi fragiles. Grandir, vieillir, assumer qui je suis, mes trente ans, construire. Le faire sincèrement, entièrement, sans préjuger de demain, vivre là, tout de suite. Je viens de parler à ma grand mère, avec ses 97 ans, qui a retrouvé un peu de lucidité. Elle m’a raconté en pleurant sa vie qui se termine, sa maison qu’elle n’a plus, toutes ces choses qu’elle ne peut plus faire, de ses poules, de son Italie, de la rivière qui coule en bas de la maison de retraite et dans laquelle elle a envie de se jeter. Elle a le droit de pleurer et de désespérer parce qu’être très vieux c’est vraiment très dur. Moi je veux ravaler mes larmes, elles sont connes. Janvier sonne comme un tournant, ou je m’affronte ou je sombre. J’ai décidé de me tenir droit, et je suis debout, je suis là. Et tant pis si je prends des claques, j’en ai mérité plein dans la distribution. Je vais rattraper les erreurs. Je vais essayer de réparer. Demander pardon. Etre à la hauteur. Nique la France. Allons baiser. Et s’il est encore temps, surtout, tout le reste avec.</p>
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		<title>Happy Holidays</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jan 2010 14:04:25 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le monde que j&#8217;idéalise n&#8217;existe pas. Et je ne suis même pas dans mon fantasme. Je sais pas comment ils font pour connaitre autant de trucs dont j&#8217;ai jamais entendu parler, ça a l&#8217;air tellement captivant. Trop jeune, pas assez vieux, pas assez érudit, idiot, trop cérébral, trop gros, trop maigre, trop con, trop gauchiste, trop [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le monde que j&#8217;idéalise n&#8217;existe pas. Et je ne suis même pas dans mon fantasme. Je sais pas comment ils font pour connaitre autant de trucs dont j&#8217;ai jamais entendu parler, ça a l&#8217;air tellement captivant. Trop jeune, pas assez vieux, pas assez érudit, idiot, trop cérébral, trop gros, trop maigre, trop con, trop gauchiste, trop riche, trop fauché, trop petit-bourgeois, autiste, égoïste, égocentrique, sans coeur, un garçon facile, pas dans le bon casting, et en plus qui doit aller se faire une gymnastique des yeux. Je vais faire comme je peux ce sera bien comme ça. Avoir confiance en quoi on croit, en qui on est. Même si j&#8217;ai du mal à me défendre dans le zoo, je me retourne un peu en disant que ça va, j&#8217;aime plus que je déteste, je rêve plus que je cauchemarde, je bronze plus que mes coups de soleil. J&#8217;ai pas tourné comme une vieille soupe. Je suis pas aigri, je me déteste pas en faisant semblant que je déteste le monde, je crois pas en dieu, juste en moi, en toi, en lui, en ça, nous, les autres et même dans le chat. Et les cons non. J&#8217;enfile les perles, je fabrique des trucs et je me sens moins seul. C&#8217;est même pas un miracle.<br />
Bah c&#8217;est vrai, je suis un garçon facile. A ramasser. Pas une pute, non, ça serait très bien bien, pute, j&#8217;en ai rencontré plein pour un sujet pour canal, elles sont très sympas.</p>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-2318" title="1788461507" src="http://popincourt.com/images//17884615071.jpg" alt="1788461507" width="500" height="154" /></p>
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		<title>Honte de rien</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Dec 2009 17:26:08 +0000</pubDate>
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Hier, il est passé me déposer des chocolats. 
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			<content:encoded><![CDATA[<p><object width="500" height="404"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/mOFiCyk5jrM&#038;color1=0xb1b1b1&#038;color2=0xcfcfcf&#038;hl=en_US&#038;feature=player_embedded&#038;fs=1"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowScriptAccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/mOFiCyk5jrM&#038;color1=0xb1b1b1&#038;color2=0xcfcfcf&#038;hl=en_US&#038;feature=player_embedded&#038;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowScriptAccess="always" width="425" height="344"></embed></object></p>
<p>Hier, il est passé me déposer des chocolats. </p>
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		<title>L&#8217;oreille en coin</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Sep 2009 13:02:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;ai zozotté jusqu&#8217;à l&#8217;âge de dix ans. Du vrai petit zozo sur les che et les je. Et les s. Tout le monde trouvait ça charmant, moi ça me minait. Je ne sais plus quel âge j&#8217;avais exactement mais je me souviens du jour ou je me suis rendu compte que je ne parlais pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;ai zozotté jusqu&#8217;à l&#8217;âge de dix ans. Du vrai petit zozo sur les che et les je. Et les s. Tout le monde trouvait ça charmant, moi ça me minait. Je ne sais plus quel âge j&#8217;avais exactement mais je me souviens du jour ou je me suis rendu compte que je ne parlais pas comme tout le monde. J&#8217;en ai voulu à la terre entière de ne pas me l&#8217;avoir dit plus tôt. Je jouais souvent à m&#8217;enregistrer avec mon frère sur un magnétophone, on faisait des fausses émissions de radio et des sketches, et entendre le son de ma voix était insupportable. J&#8217;enviais le doux déroulé de ses consonnes schsch. Je me rappelle écoutant à table toute ma famille parler, guettant même les premiers babillages de ma petite soeur. Je trouvais ça injuste d&#8217;être le seul à schsscher. Aujourd&#8217;hui mes parents s&#8217;en rappellent à peine. Mais moi je me souviens de tout.<br />
Et puis un jour, sans y penser, je me suis rendu compte que c&#8217;était parti. Envolé le petit chschs. J&#8217;ai des souvenirs de phrases inventées avec plein de consonnes difficiles à prononcer que je répétais en boucle, de plus en plus vite, pour bien placer ma langue. Je me suis peut-être auto-orthophonisté. Ou ma langue a grandi. Et là je me suis dit, &#8220;ouais, classe, maintenant tu pourras travailler à l&#8217;oreille en coin sur France inter&#8221;.<br />
Depuis, je suis super bon en langue. Moins en linguistique.</p>
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		<title>Le sel</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Jun 2009 20:38:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le bretzel est mon ami. Depuis toujours, j’en mange de toute sorte. Des secs en boite ancel, boehli, des frais -on en trouve aussi à Paris- des mous, des durs, de tout. Ils sont un peu comme la pizza: mêmes mauvais, ils sont bons. Dans la pizza, c’est le gras qui donne le goût. Dans [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Le bretzel est mon ami. Depuis toujours, j’en mange de toute sorte. Des secs en boite ancel, boehli, des frais -on en trouve aussi à Paris- des mous, des durs, de tout. Ils sont un peu comme la pizza: mêmes mauvais, ils sont bons. Dans la pizza, c’est le gras qui donne le goût. Dans le bretzel, c’est le sel. Il faut qu’il y en ait trop, et là c’est bien. Ça me rappelle même pas mes origines germaniques, c’est tout sauf nostalgique, c’est bon ici et maintenant.</p>
<p style="text-align: justify;">Le souci, c’est que pour la salubrité publique, une réglementation européenne met en place une nouvelle norme, un gramme de sel par kilo, alors que le bretzel peut en nécessiter quinze. Ce qui est une bonne idée pour le pain va tuer le bretzel. Je ne sais pas quand tout ça entrera en vigueur, mais j’ai remarqué que déjà les boites du supermarché sont presque dépourvues de sel. En tout cas bien moins qu’avant. C’est le coup de la norme. Le bien commun décidé par une réglementation qui nie la spécificité. La bretzel-compliance sans sel ça n’a aucun intérêt. C’est fade, c’est nul. Les normes me tuent. La morale, les valeurs communes. Tu parles. Être rentable, être en forme, être efficace. Ne pas manger trop salé. Être de bonne humeur. Et sans bretzel salé. Sois propre et va voter, pour la nouvelle star ou pour Cohn-Bendit, peu importe. Surtout, ne sors pas du rang.</p>
<p style="text-align: justify;">J’aimerais m’accepter comme un bretzel trop salé, et vivre bien avec. M’en foutre, puisque c’est moi, et que ça, ça ne se négocie pas. Il faut que je tue mes normes, mes habitudes, mes scléroses. Ma routine. J’ai laissé pendant des années mes choses sensibles en plan parce que je ne voulais plus souffrir. Je me suis beaucoup intéressé à ma réussite professionnelle, parce que je voulais être indépendant et à l’abri. Et puis mes petits succès donnent l’illusion d’exister un peu. Mais cette quête-là, en fait, elle ne finit jamais. Je suis passé hier dans les bureaux de la firme pour laquelle je bosse souvent, et j’ai senti encore à quel point toutes ces réussites sont fragiles. Et qu’elles ne me remplissent pas. Longtemps, je l’ai cru. Parce que je progressais. Parce que c&#8217;est passionnant. Mais ça n&#8217;est pas suffisant. Le reste, c’est tout le reste qui me manque. La vie est ailleurs. Je ne sais pas où je vais, mais en ce moment, je comprends des choses. Un peu comme dans l’ivresse, j’ai l’impression d’avoir une clairvoyance tout en étant sonné, et d’être à un croisement. Tout à l’heure, j’ai reçu un joli message de félicitations de ma tante. Elle a rajouté avant sa signature qu’elle m’aimait. Je ne crois pas qu’elle ne me l’ait jamais dit, même si on s’aime beaucoup dans ma famille. Je ne sais pas si mes amis le sentent, mais plusieurs me l’ont dit ces dernières semaines. Hier soir encore.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai tellement l’esprit occupé que je n’ai rien vu des élections. C’est une première. Je ne veux pas cracher sur le parlement européen, quoi que quand je vois sa couleur bleue libérale, il faudrait. De toute façon, je me suis loupé dimanche, je ne suis pas allé voter. J’avais un train qui m’embarquait bosser en province tôt dans la matinée. Le soir encore, au moment où ça devait caqueter sur les plateaux, j’avais l’esprit pris. Nous avons terminé à la campagne, à gouter du bon vin. Un moment, mon grand chef est arrivé et a donné les résultats. Et puis mes hôtes ont continué à discuter des problèmes d’eau dans le village: pendant quatre jours, les habitations situées en haut de la colline ont été coupées. Et le maire qui n’a rien fait, la préfecture absente pendant tout ce temps. J’aime bien passer chez eux, il y comme une légèreté, du calme, des discussions apaisées, même quand ils s’engueulent. La fois d’avant, ils avaient fait du pâté d’orties. Là il y avait du feu dans la cheminée parce que finalement il faisait un peu froid. On a mangé du canard et de la mousse au chocolat. Dommage, cette fois-ci je ne suis pas resté dormir dans leur belle maison en pierre.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les prochains jours, j’espère que l’audimat sera bon. Qu’au moins, cette partie-là tienne. Et pour le reste, je veux changer. En mieux.</p>
<div style="text-align: justify;"><object width="500" height="403" data="http://www.dailymotion.com/swf/x26fvp" type="application/x-shockwave-flash"><param name="allowFullScreen" value="true" /><param name="allowScriptAccess" value="always" /><param name="src" value="http://www.dailymotion.com/swf/x26fvp" /><param name="allowfullscreen" value="true" /></object><br />
<strong><a href="http://www.dailymotion.com/swf/x26fvp">Pour l&#8217;ambiance, Keen Hawaii, Icke und Er, avec leur accent berlinois qui cliquette.<br />
(Je n&#8217;ai pas besoin d&#8217;aller à Hawaï, je me plait ici)</a></strong><br />
<em>par <a href="http://www.dailymotion.com/FourMusic">FourMusic</a></em></div>
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		<title>Adipo</title>
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		<pubDate>Sat, 23 May 2009 12:07:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
				<category><![CDATA[casseroles]]></category>
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J’ai fait une découverte étonnante: la salle de sport. C’est le dresseur de pigeon qui m’a fait passer le pas. Il va encore dire que je fais tout comme lui, mais c’est faux. C’est juste que sans ses conseils avisés, je crois pas que j’aurais dépensé un bras pour m’abonner. J’en ai déjà fréquenté quelques-unes, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><img src="http://popincourt.com/images/dort" alt="" /></p>
<p style="text-align: justify;">J’ai fait une découverte étonnante: la salle de sport. C’est le dresseur de pigeon qui m’a fait passer le pas. Il va encore dire que je fais tout comme lui, mais c’est faux. C’est juste que sans ses conseils avisés, je crois pas que j’aurais dépensé un bras pour m’abonner. J’en ai déjà fréquenté quelques-unes, en touriste, ça m’avait déjà beaucoup plu. Maintenant que je suis inscrit, j’essaye de passer tous les jours, pendant la petite pause de midi. Pour l’instant, je m’y tiens, sans m’épuiser ni me brûler, et c’est très marrant.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est tout à fait décadent de voir tout ce monde faire du sur-place sur des instruments de torture. Absurde. Idiot. Surtout le tapis roulant, vu le beau temps du printemps, aller s’enfermer tous ensemble devant des écrans de télévision… Mais l’essentiel est ailleurs: c’est un truc de flemmard. La machine pour travailler les abdos représente tout ça: si je veux en faire chez moi, je peux, mais ça me fait mal partout. Sur le cruch-truc, tu te fais mal, mais juste en travaillant ta petite ceinture, sans t’exploser le dos ou les lombaires. C’est comme ça pour tous les exercices.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cirque des autres pratiquants est aussi rigolo. Les exercices d’endurances sont fréquentés pas des gens normaux, qui pédalent-courent-éllypsent en transpirant. La musculation c’est autre chose. C’est le royaume du “je-me-regarde” dans les miroirs quand je bande mes muscles. Il y en des très amusants qui prennent des pauses incroyables tout en muscles. De vraies leçons d’anatomie. Au début, c’est un peu effrayant, mais même les pitbulls sont gentils. Le sauna et le hammam sont remplis de copines plus ou moins fraiches, mais ça reste supportable.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis un ancien gros. A une époque, j’ai pesé cent kilos. Ceux qui me connaissent depuis longtemps savent. Avec trente kilos en moins, aujourd’hui, les autres souvent ne me croient pas. Le gras a disparu, mais les traces sont encore dans mon esprit. Quand tu as été gros, tu restes avec tes stigmates dans la tête, même si ton corps ne s’en souvient plus. Un jour, j’ai découvert qu’on pouvait agir sur son enveloppe, et tout a découlé de ça. Le sport, l’arrêt de la clope (bon, la reprise aussi), manger mieux, s’aimer mieux. Je ne faisais pas ça pour la norme, mais je ne pouvais plus supporter de voir mon corps dépérir. Physiquement, j’avais du mal à faire certains efforts, je devenais vieux. Personne ne m’a renvoyé d’image de sale gros, mais je ne m’aimais plus. Je me suis réconcilié avec mon corps, lentement, mois après mois. Sans régime et sans trop de souffrance, juste en changeant des petites choses essentielles, j’ai remis un peu tout en ordre. En voyant mon corps comme un allié, et non plus un autre moi-même ou juste une enveloppe. Ce n’était pas moi, je ne me reconnaissais pas. Je n’avais pas comme objectif de devenir mince, je voulais juste aller mieux. Je ne donne aucune leçon à personne, les standards, la norme, je m&#8217;en fiche. La course à pied a été ma plus formidable alliée. Si on m’avait dit ça avant, j’aurais ri. Maintenant, je veux être musclé. J’en ai, des muscles, mais peu. Ils arrivent, ils poussent, ils sont là.</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’on ne s’inquiète pas, je bois, je fume des cochonneries, et jusqu’ici, je ne suis toujours pas devenu un sale bobo de droite.</p>
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		<title>Dans la nuit</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Apr 2009 23:53:19 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
Ce soir, je devais me coucher tôt, raisonnable et fatigué. Finalement, j&#8217;ai relu un vieux livre. &#8220;L&#8217;ami retrouvé&#8221; de Fred Uhlman. J&#8217;étais collégien, il devait certainement être au programme du brevet. Un livre formidable, « un chef-d&#8217;œuvre mineur » dit Koestler dans la préface.
Tout m&#8217;est revenu, d&#8217;un coup, comme un grand trouble. Les souvenirs, les sensations. Des profondeurs de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img src="http://popincourt.com/images/ar.jpg" alt="" /></p>
<p style="text-align: justify;">Ce soir, je devais me coucher tôt, raisonnable et fatigué. Finalement, j&#8217;ai relu un vieux livre. &#8220;L&#8217;ami retrouvé&#8221; de Fred Uhlman. J&#8217;étais collégien, il devait certainement être au programme du brevet. Un livre formidable, « un chef-d&#8217;œuvre mineur » dit Koestler dans la préface.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout m&#8217;est revenu, d&#8217;un coup, comme un grand trouble. Les souvenirs, les sensations. Des profondeurs de l&#8217;adolescence, un truc de dingue. C&#8217;est émouvant de se retrouver quinze ans en arrière, et de ressentir une émotion intacte. J&#8217;avais pleuré.</p>
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		<title>I&#8217;m a joke</title>
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		<pubDate>Sun, 05 Apr 2009 21:38:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour l&#8217;ambiance, I&#8217;m a joke, Souchon.

Parfois, on se moque de moi. J&#8217;ai une grande aptitude aux cascades urbaines, mais il m&#8217;arrive d&#8217;avoir de la chance. J&#8217;excelle dans les tracas burlesques inattendus, mais je m&#8217;en sors toujours à la fin, comme dans la série doublée par Jacques Balutin et Francis Lax. Par exemple quand j&#8217;ai perdu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Pour l&#8217;ambiance, I&#8217;m a joke, Souchon.</p>
<p><object width="500" height="20" data="http://dc105.4shared.com/flash/flvplayer.swf" type="application/x-shockwave-flash"><param name="flashvars" value="file=http://dc105.4shared.com/img/96956344/86a69244/dlink__2Fdownload_2F96956344_2F86a69244_2Fjoke.mp3_3Ftsid_3D20090405-183622-69c4e902/preview.mp3&amp;link=http://www.4shared.com/file/96956344/86a69244/joke.html&amp;plugins=revolt-1&amp;logo=http://dc105.4shared.com/images/logo.png&amp;image=http://dc105.4shared.com/images/icons/misc/mp3_200x180.jpg" /><param name="src" value="http://dc105.4shared.com/flash/flvplayer.swf" /></object></p>
<p style="text-align: justify;">Parfois, on se moque de moi. J&#8217;ai une grande aptitude aux cascades urbaines, mais il m&#8217;arrive d&#8217;avoir de la chance. J&#8217;excelle dans les tracas burlesques inattendus, mais je m&#8217;en sors toujours à la fin, comme dans la série doublée par Jacques Balutin et Francis Lax. Par exemple quand j&#8217;ai perdu sur le quai d&#8217;une gare un billet de train que le contrôleur a retrouvé, et qu&#8217;il m&#8217;a rendu au moment du contrôle, quand je lui servais ma salade &#8220;je vous jure, monsieur, j&#8217;avais un ticket, je l&#8217;ai perdu&#8221;. Le mois dernier, j&#8217;ai laissé tomber entre deux sièges mon téléphone portable dans le bus. Une heure plus tard, je suis allé le chercher au terminus, le chauffeur l&#8217;avait déposé dans sa petite cabane porte de Saint-Cloud. Ou quand un américain malin a utilisé un clone de ma carte bleue pour faire des achats dans les stations-service du Kansas et m&#8217;a siphonné tout mon compte. Je me suis retrouvé ruiné, mais la banque a tout remboursé. Ou quand je demande avec insistance une crème Séphora à Marionnaux. Ou un paquet de &#8220;camoul seples&#8221; au lieu de &#8220;Camel souples&#8221; chez le buraliste. Ou quand dans la même heure, dans le froid et en province, j&#8217;ai perdu ma carte bleue, mon bonnet et j&#8217;ai explosé par terre mon téléphone portable. Ou quand je me suis promené avec un beau jean tout neuf en ayant oublié d&#8217;enlever l&#8217;étiquette. Ou quand je parle à la chatte, que je joue avec elle, que je lui raconte des trucs idiots, que je lui chante des chansons, et qu&#8217;un de mes colocataires est là et que je me croyais seul. Ou quand j&#8217;envoie un sms &#8220;ta gueule connasse&#8221; pour rire à ma copine Chantal, et que je me trompe de Chantal.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais j&#8217;ai aussi des pertes. J&#8217;ai été condamné en décembre sans le savoir par le tribunal des affaires sociales pour une dette de 150 euros d&#8217;allocations logement &#8220;indument perçues&#8221; il y a deux ans, sans que j&#8217;en sache rien. Ils m&#8217;ont juste retrouvé pour m&#8217;envoyer le jugement. Cet été, j&#8217;ai explosé la dalle de mon nouveau macbook tout neuf, parce que la lanière de mon sac a cassé et l&#8217;ordi est tombé juste sur la tranche du trottoir. J&#8217;ai aussi perdu le chèque de la caution que m&#8217;avait rendu le propriétaire de mon ancien appart. Et surtout j&#8217;ai oublié que je l&#8217;avais perdu, et donc je ne l&#8217;ai jamais encaissé.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Le pire, c&#8217;est que je ne casse ou ne perds que mes affaires.<br />
Presque jamais celles des autres. Parfois, on me prend pour un con.</p>
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		<title>Dans le sac</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Feb 2009 11:48:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Pour se souvenir, Pump Up The Jam:


Je suis finalement passé chez l&#8217;ami polytechnicien hier soir manger des pâtes au gorgonzola en sortant de la projection. Et dans son escalier, il m&#8217;est venu une idée idiote, ce genre de questions que je ne m&#8217;étais pas posé depuis longtemps. J&#8217;avais apporté une bouteille de vin, plutôt bonne, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Pour se souvenir, Pump Up The Jam:<br />
<object width="300" height="20" data="http://dc93.4shared.com/flash/flvplayer.swf" type="application/x-shockwave-flash"><param name="flashvars" value="file=http://dc93.4shared.com/img/87310126/26db51d0/dlink__2Fdownload_2F87310126_2F26db51d0_2Fputj.mp3_3Ftsid_3D20090212-085024-5ac31f1c/preview.mp3&amp;link=http://www.4shared.com/file/87310126/26db51d0/putj.html" /><param name="src" value="http://dc93.4shared.com/flash/flvplayer.swf" /></object></p>
<div style="text-align: justify;">
<p>Je suis finalement passé chez l&#8217;ami polytechnicien hier soir manger des pâtes au gorgonzola en sortant de la projection. Et dans son escalier, il m&#8217;est venu une idée idiote, ce genre de questions que je ne m&#8217;étais pas posé depuis longtemps. J&#8217;avais apporté une bouteille de vin, plutôt bonne, elle-même salement emballée dans un sac plastique bleu de chez l&#8217;épicier. Au moment de sonner, je décide d&#8217;enlever le sac, et de le cacher dans ma poche. Parce qu&#8217;il était moche, et qu&#8217;il abîmait le joli standing de la bouteille.</p>
<p>Quand j&#8217;y pense, c&#8217;est idiot. Mais ça m&#8217;a rappelé l&#8217;ancien temps, celui où j&#8217;étais aussi jeune que bête, où je refusais obstinément d&#8217;apporter mes affaires de sport dans un sac de chez Cora. C&#8217;est toute l&#8217;histoire du standing du sac plastique, je cachais les plus jolis pour qu&#8217;ils ne soient pas transformés en sac-poubelle, je les collectionnais. Nous rivalisions avec mes petits camarades. À défaut d&#8217;avoir les plus belles fringues, on défilait avec nos sachets, l&#8217;air de rien.</p>
<p>J&#8217;avais aussi honte de porter des chaussures de sport &#8220;Mika&#8221; et pas Nike ou Reebook. J&#8217;avais honte quand mes parents me déposaient avec leur bagnole pourrie devant les copains. J&#8217;avais honte quand mon père achetait &#8220;PC magazine&#8221;, je croyais que c&#8217;était une revue du parti communiste. J&#8217;avais honte qu&#8217;à la maison on n’ait pas de magnétoscope. J&#8217;avais honte de pas écouter Nrj et de mes gouts prononcés pour la vieille chanson française. Et je mourrais d&#8217;effroi si je sortais de chez moi sans m&#8217;être mis trois tonnes de gel sur la tête. C&#8217;est marrant tous ces codes et ces usages qui tombent avec le temps. À l&#8217;époque, c&#8217;était fondateur, aujourd&#8217;hui, c&#8217;est de l&#8217;archéologie.</p>
<p>Quand j&#8217;étais jeune, j&#8217;avais vraiment trop la honte. C&#8217;est très bien de ne plus être un adolescent. Aucun regret.</p>
<div style="text-align: justify;">
<p><span style="font-size:85%;">NB: un polytechnicien ça boit du Jägermeister.<br />
Mais ça sait faire de bonnes pâtes au gorgonzola.</span></div>
</div>
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		<title>Fâcheux</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Jan 2009 12:19:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pour l&#8217;ambiance, Stéréo Total:

Je suis une vraie quiche à brailler à tout le monde d&#8217;aller voir mon blog. Voilà que je ne veux plus rien raconter de la couette, parce qu&#8217;on m&#8217;y lit. Des gens que j&#8217;aime bien passent par ici. Et je n&#8217;ai pas envie de tout dire à certains. C&#8217;est ennuyeux, j&#8217;aimais bien [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div style="text-align: justify;">Pour l&#8217;ambiance, Stéréo Total:<br />
<object type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.secouez.org/temp/so/dewplayer.swf?mp3=http://boxstr.com/files/4620849_fudir/dritt.mp3" height="20" width="160"><param name="wmode" value="transparent"><param name="movie" value="dewplayer-mini.swf?mp3=http://boxstr.com/files/4620849_fudir/dritt.mp3"></object></p>
<p>Je suis une vraie quiche à brailler à tout le monde d&#8217;aller voir mon blog. Voilà que je ne veux plus rien raconter de la couette, parce qu&#8217;on m&#8217;y lit. Des gens que j&#8217;aime bien passent par ici. Et je n&#8217;ai pas envie de tout dire à certains. C&#8217;est ennuyeux, j&#8217;aimais bien l&#8217;idée d&#8217;avoir un endroit où écrire sans états d&#8217;âmes l&#8217;état de mon âme. Mais voilà que tout me rattrape. Tant pis pour l&#8217;égo, c&#8217;est de ma faute.</p>
<p>Ces derniers jours, j&#8217;ai fait deux impairs amicaux. Pour l&#8217;un, j&#8217;ai présenté mes excuses. L&#8217;autre, il faudrait que je le taise. Je suis trop con.</p></div>
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		<title>Mes voeux</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jan 2009 19:46:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J&#8217;avais douze ans, j&#8217;étais jeune et vert. Encore très innocent. Le monde était d&#8217;une simplicité crétine, les gentils face aux méchants. Le bon contre le mal, le mieux toujours l&#8217;ami du meilleur: un pays démocratique, des parents mitterrandiens sur le retour, la vieille main de sos racisme encore épinglée sur mon sac de collégien. On [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">J&#8217;avais douze ans, j&#8217;étais jeune et vert. Encore très innocent. Le monde était d&#8217;une simplicité crétine, les gentils face aux méchants. Le bon contre le mal, le mieux toujours l&#8217;ami du meilleur: un pays démocratique, des parents mitterrandiens sur le retour, la vieille main de sos racisme encore épinglée sur mon sac de collégien. On buvait du Tang. J&#8217;arrête là la description, on est pas chez Vincent Delerm ou pantashop, mais ça ressemblait à ça.</p>
<p style="text-align: justify;">Hector était venu jouer à la maison, pour l&#8217;après-midi. J&#8217;étais encore à l&#8217;âge où on annonce à ses parents avec qui on sort, ce qu&#8217;on va faire, tout ça. Les parents veulent un peu contrôler ce qu&#8217;ils voient, et j&#8217;avais eu droit à un petit questionnaire &#8220;c&#8217;est qui ton ami qui vient passer l&#8217;après-midi?&#8221; Je l&#8217;aimais bien, parce qu&#8217;il savait très bien jongler avec un ballon de football. Il m&#8217;apprenait, on rigolait dans le jardin. Il habitait dans une tour, pas loin du Faubourg. On était dans la même classe. Effronté, un peu cabot, il arrivait à donner aux adultes tous les gages de l&#8217;enfant bien élevé. Un samedi classique, après le goûter nous sommes partis retrouver les copains sur le parking du gymnase pour continuer à jouer au &#8220;saké&#8221;. J&#8217;étais plutôt mauvais, mais un grand copain comme Hector savait m&#8217;embarquer et me faire accepter.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size:100%;"><span style="font-family:verdana;">Quand je rentre à la maison, ma mère me félicite. Je ne comprends pas. </span></span><span style="font-size:100%;"><span style="font-family:verdana;">&#8220;Mais si! Tu ne m&#8217;avais pas dit que ton copain de classe était noir, c&#8217;est  très bien: si tu n&#8217;as rien dit, c&#8217;est que pour toi ça a pas d&#8217;importance!&#8221;.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size:100%;"><span style="font-family:verdana;">Je n&#8217;avais pas compris l&#8217;intérêt de le dire, ni l&#8217;intérêt de dire l&#8217;intérêt qu&#8217;il y a à ne pas le dire. </span></span><span style="font-size:100%;"><span style="font-family:verdana;">Hector n&#8217;était pas noir, il était mon copain.</span></span><span style="font-size:100%;"><span style="font-family:verdana;"> A l&#8217;époque, ce court épisode m&#8217;avait donné à réfléchir. Quand on parlait différence de couleur de peau, il me manquait souvent une case. Une fille de la classe disait qu&#8217;elle était raciste, mais &#8220;juste envers les Arabes&#8221;. Moi, je composais sans comprendre, c&#8217;était pas si grave, &#8220;l&#8217;Arabie&#8221; c&#8217;est loin, tant pis! Pas une seconde je ne voyais ou pensais aux &#8220;Arabes&#8221;, ici. Ceux de ma classe, ceux de ma rue. Je ne comprenais pas l&#8217;altérité de la couleur de la peau. Et je ne la comprends toujours pas. Je croyais que le racisme, c&#8217;était une affaire de nazillon dans les cimetières. Mais non, je découvrais que le raciste, ç&#8217;aurait pu être moi, puisque ma mère m&#8217;avait guetté. Le racisme, ç&#8217;aurait pu être ma mère, puisqu&#8217;elle en a fait une affaire de cette histoire de couleur de peau. Je rentrais dans le monde. Eric Zémour n&#8217;étalait pas encore ses saloperies, le ministère <span style="text-decoration: line-through;"><span style="text-decoration: none;"><span style="text-decoration: none;">du racisme d&#8217;état</span></span></span> de l&#8217;identité française n&#8217;existait pas encore.</span></span></p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">Alors, voilà, c&#8217;est décidé, moi aussi je suis réactionnaire:</p>
<p style="text-align: justify;">Cette année, je serais un palestinien noir transsexuel juif, avec un voile dans les fesses et un stérilet sur la tête. Au chômage. Dans le nord. Et je n&#8217;en serais ni fier, ni honteux. Par contre, gaffe, je reprends la boxe.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">PS: ne viens pas chipoter pour le &#8220;ç&#8217;aurait pu&#8221;, Henriette Walter dit que l&#8217;apocopée est tolérée, puisque encore un peu utilisée, même si c&#8217;est une faute. Mieux vaut chercher les vraies fautes, il en reste.</p>
<p style="text-align: justify;">
<p style="text-align: justify;">PS2: tout ça, c&#8217;est à cause de pheel, il a provoqué cette  petite remontée en me racontant un vieux souvenir.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size:85%;"><span style="font-family:verdana;"><span style="font-size:85%;"><br />
</span></span></span></p>
]]></content:encoded>
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		<title>Évidemment</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Dec 2008 23:33:00 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Tout avait plutôt mal commencé quand j&#8217;ai débarqué à Chatelet, deux jours avant les hostilités, pour dénicher les cadeaux. Comme des milliers d&#8217;autres blaireaux, en fin d&#8217;après-midi, j&#8217;ai eu cette idée originale d&#8217;aller chercher à la fnac les livres que je voulais offrir. L&#8217;enfer. Des envies à pousser mes semblables dans les escalators. J&#8217;ai tout [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Tout avait plutôt mal commencé quand j&#8217;ai débarqué à Chatelet, deux jours avant les hostilités, pour dénicher les cadeaux. Comme des milliers d&#8217;autres blaireaux, en fin d&#8217;après-midi, j&#8217;ai eu cette idée originale d&#8217;aller chercher à la fnac les livres que je voulais offrir. L&#8217;enfer. Des envies à pousser mes semblables dans les escalators. J&#8217;ai tout fait mal et lentement. En tournant comme un poireau sans trouver les bons rayons. En abandonnant de longues minutes ma quête pour aller chercher des livres pour moi. En choisissant la file du caissier le plus mignon, comme une dizaine de tapettes bavardes (si, je suis sûr!) qui bavassaient avec lui au lieu de se presser un peu. En cherchant ridiculeusement longtemps une carte Fnac que j&#8217;avais oubliée à la maison.</p>
<p style="text-align: justify;">Noël, donc.<br />
Aller s&#8217;exiler quelques jours dans ma capitale provinciale, chez mes parents. Prendre un train bondé chargé comme un mulet. Arriver trop vite, comme une fleur, dans la ville de son enfance. Ouvrir grand les yeux pour voir ce qui a changé. Retrouver les parents, son frère, sa soeur, le chat. Les cousins, le jardin, la chambre d&#8217;enfant. La grand-mère. C&#8217;est chouette. Raconter sa vie, un peu, répondre aux questions, sincèrement, et écouter. Mes parents qui ne bossent plus, mamie qui est malade, les petits cousins qui grandissent. On se raconte. On s&#8217;offre des trucs. On rit. Le chat ronronne. C&#8217;est fou comme c&#8217;est bien de se laisser un peu porter par le vin. Se laisser cajoler par la dinde. De l&#8217;empathie, de l&#8217;attention. Les Yalta de famille sont rare chez nous. C&#8217;est quand je suis là que je vois qu&#8217;on s&#8217;aime. Je les aime. Bien sûr, on ne se le dit jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">Puis à la fin, se retrouver tout seul, la nuit, dans la vieille chambre de mon enfance. Mélancolique, je gribouille quelques lignes. C&#8217;est nul, mais Noël, j&#8217;aime.</p>
<p style="text-align: justify;">Loin de Paris, ce soir, finalement, c&#8217;est bien.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-size:78%;">PS: joyeux noël!</span></p>
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		<title>Tricot de corps</title>
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		<pubDate>Tue, 10 Jun 2008 16:34:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il y des blessures enfantines que l’on traîne toujours, comme un fardeau, comme un vieux machin nauséabond qui pendouille au fond de l’esprit. Une douleur universelle, intemporelle, prête à revenir subitement à la surface. C&#8217;est drôle et très grave, léger et régressif.
L’autre jour, du bus, j’en croise une au milieu de cartables à roulettes et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Il y des blessures enfantines que l’on traîne toujours, comme un fardeau, comme un vieux machin nauséabond qui pendouille au fond de l’esprit. Une douleur universelle, intemporelle, prête à revenir subitement à la surface. C&#8217;est drôle et très grave, léger et régressif.<br />
L’autre jour, du bus, j’en croise une au milieu de cartables à roulettes et d’autres choses dans l’air du temps: un gilet tricoté. De la bonne maille, bien épaisse, qui protège du vent frais du printemps. L’irritant gilet tricoté. Alors que les copains ont laissé tombé le pull depuis des jours. Un de ces gilets besogneux, respectueux du patron à découper, fait avec amour et application, avec de grosses aiguilles. Un cadeau qu’on porte évidemment en se donnant un air heureux. Parce qu’en plus d’être aimé, on est un peu aimant. Un plaisir qui vient rarement seul. Une boussole. Un pyrograveur. Des beaux cadeaux pour enfants de catalogue Camif. Alors c’étaient les jouets du catalogue des Trois Suisses qui faisaient envie. Ça a pas toujours été facile d&#8217;avoir eu des parents profs.</p>
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