Maintenant c’est sans cigarettes, essayer de ne plus y penser, presque y arriver. Retrouver ma vieille amie, mon alliée de toujours tout ça, deux jours de palace pour rattraper le temps qui file, bavardage, la vie. Ne plus penser aux soucis, ne pas trop y arriver. Du spa, de la piscine pour nous tous seuls, du hammam, des massages, de la tisane. Deux jours d’exil dans l’ouest bourgeois, c’était chouette, mais je préfère l’est parisien qui pue, ma vie ne pourrait être que là.
Pour pondre mon nouvel oeuf, clic clic clic, j’ai fait un smoothie de carottes et de pommes pour nourrir le cerveau et l’épiderme. Je descends enfin dans le salon maintenant que la température remonte, j’ai nettoyé les feuilles mortes sur la terrasse, et selon le planning de mon champix je suis censé arrêter de fumer dans trois jours. Ça me fait un peu flipper vu l’entrain que je mets à quand même fumer ces clopes sans goûts. Parce que quand tu prends du champix, les clopes ont très mauvais goût, même celles qui devraient être très bonnes, celle du matin ou celle qui dit que tu as bien mangé. Pourtant je continue, moins qu’avant, mais je clopette quand même. Le champix, tout le monde m’en dit du mal, que ça rend fou, dépressif et suicidaire, mais je me trouve pas pire que d’habitude. Ça me fait faire des rêves incroyablement crédibles, pas formidables, mais vraiment réels. Ce matin, en me réveillant, j’étais fâché contre une copine pour une crasse que j’avais rêvé. C’est l’aventure.
Je suis content parce que mon docu a fait plus de 10% de parts de marché. On peut dire ce qu’on veut, l’audimat tout ça c’est pour les chèvres et que la qualité n’est pas là, mais quand même, ça fait vraiment plaisir. Je me suis aussi ennuyé dans des soirées, sauf une nuit, aux souffleurs, où j’ai entendu des gens crier sur la Prohibida:
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Ce soir j’ai rencard pour courir à la Villette. Demain j’ai piscine. L’aventure je te dis.
Moi: Je crois que ça va pas.
Lui: T’es chaud, t’as de la fièvre.
Moi: Allo? J’habite derrière la porte bleue.
Le médecin: Nous arrivons.
Moi: Mrf.
Le médecin: Asseyez-vous, c’est grave et sérieux.
Moi: Mrf.
Le médecin: Infection, germe, aigue, antibiotiques un mois.
Tout le monde: Iiiii! *peur
Le médecin: Pas contagieux.
Doctissimo: Pas contagieux.
Le pharmacien: Pas contagieux.
Moi: Mrf.
Lui: Je vais te faire une tisane.
Le médecin: Allo, ça va?
Moi: Mrf.
Lui: je vais te faire une salade de fruits.
Le médecin: Allo, ça va?
Moi: Mrf.
Lui: C’est comme une histoire de fourmis rouges.
Le médecin: Allo, ça va?
Moi: Mrf
Lui: Tu frises.
La firme: Vous êtes en retard, on attend vos textes depuis une semaine.
Le médecin: vos analyses sont bonnes, plus de risque de septicémie.
Moi: J’ai sommeil.
C’est quand même chouette d’habiter dans un pays qui soigne.
La prochaine fois, je raconterai les beaux rêves que me fait faire le champix.
Non, c’est pas mon premier (vrai) gif animé qui est lourd, c’est le gouvernement. Je voulais mettre ça en musique mais j’y comprends rien. Cette semaine, du froid, des copains de loin, des mojitos à deux euros de la cgt Pantin, une Monolecte gentille de détaffioter son post, un titrage, des rencontres inattendues de gare, des idées étonnantes, deux insomnies, une nuit dans un palace, une écharpe perdue, six billets de train, un bel escalier tout repeint à admirer, un dimanche qui s’éternise pour des lendemains qui chantent ou pas. De la soupe, des légumes du marché, des valises à ranger, un placard à vider. Le chat sur les genoux et des Anglais qui traînent dans le salon.
Comme je suis pas certain du succès de ma wishliste de noël et que pire, mes aînés ont décidé qu’on n’offrait de cadeaux qu’aux enfants, et comme je ne suis plus un enfant, j’ai pris les choses en main. Je me suis réabonné au plan b, au diplo, bakchich pour trois mois (vu qu’ils sont au bord du dépôt de bilan et qu’ils ont pris Adjani comme marraine j’ai eu un peu peur de prendre plus long) et aussi d’autres revues chouettes, dont une toute neuve qui a l’air pas mal, La revue monstre. Et j’ai quand même attrapé des cadeaux d’adultes juste pour mes amis, puisque ma famille ne veut plus qu’on se couvre d’objets de consommation. Je suis très content de mes petits catcheurs de pouce mais chronopost n’arrive pas à trouver ma sonnette.
Ces derniers jours j’ai expérimenté la confection de vin chaud à la maison, ce fut une riche idée sauf pour l’odeur d’épices qui reste incrustée, j’ai nettoyé à la petite cuillère mon château, je vais reprendre le boulot bien-bien après une sortie dans le boulot chiant-con qui rend riche. J’ai commencé à me fâcher avec mon syndicat CGT du spectacle, j’ai cassé une serrure, rencontré des nouvelles têtes bien faites, vu des masques tomber sur des broutilles, et puis j’ai attrapé une sorte d’exaltation idiote d’hiver: j’attends la neige. Pour noël, à Froid-dans-l’Est, elle va venir. J’arrive.
Faut encore que je règle cette histoire de cadeaux pour les petits. Et pour ma filleule aussi, mais comme elle se barre à la montagne, j’ai quelques semaines de répit.
Je travaille. J’ai une vie de patachon. Même avec les péripéties, des visites, des imprévus, des manœuvres supplémentaires, j’avance dans mon boulot exaltant qui se termine en janvier. J’ai quand même réussi à charger la barque pour aller faire des images sur une île bretonne dans la tempête et aussi des trucs mécaniques avec des philistins idiots qui mériteraient qu’on invente la jugeote en spray pour pas subir leurs conversations corporate à longueur de journée. Je lis les Fante avec Arturo Bandini dans les trains. J’ai une vie de patachon parce que je sors presque pas, que je suis allé au thé dansant du dimanche au tango et que j’ai trouvé ça marrant. Un patachon parce que depuis que mon colocataire-fou est parti je dors des longues nuits presque entières en ronronnant. Avec mon nouveau colocataire-gentil qui fait fleurir l’appartement qui sent bon.
Le petit musicien passe ce week-end, il voulait m’entraîner au Sun City pour une sombre histoire de claquettes, je crois qu’on ira plutôt à la piscine. Je suis vieux, je vais me faire poser une couronne qui coûte un oeil, mais ma mutuelle magique sauve la mise. J’ai pris la plus chère parce qu’hier j’ai fait un rêve étrange où un dentier m’attaquait. Je suis un patachon parce que j’ai arrêté mes cours de natation depuis des semaines. Demain, j’emmène mes affaires de piscine au boulot histoire de m’échapper à midi pour aller nager. Je suis un patachon parce que j’ai rien à raconter alors qu’il s’en passe. Tout va.
Et puis Pheel est une pute, croyez-le, c’est vraiment la reine des abeilles de la folie des grandeurs, surtout point de vue perchoir. Il est de retour.
Mardi, en allant donner une interview dans un studio à radio-france -oui, j’ai toujours rêvé de pouvoir dire ce genre de phrase- je demandais à un ami qui travaille là-dedans ce qu’il voyait de la fenêtre de son bureau. Et je m’imaginais qu’il y avait deux dynamiques de hiérarchie à la maison de la radio, selon que tu sois orienté vers la tour Eiffel ou vers les tours atroces des fronts de Seine, et selon ton étage. Plus tu es haut, plus tu as du beau sous les yeux, plus tu as du pouvoir. Le studio où je suis allé était au premier et avait une toute petite fenêtre avec pour vue les algecos du parking. Dans la grosse maison ronde, on se perd, j’ai rougi en silence en essayant de dire correctement les choses mon bazar, je m’en suis à peu près sorti. Je voulais rentrer à pied, j’ai finalement pris le RER en me disant “voilà, ça, c’est fait”. Mais je faisais pas mon fier en arrivant.
Mon nouveau colocataire arrive bientôt, j’ai vraiment hâte. On va tout repeindre. Je cours plus depuis plusieurs semaines, je suis en hivernage, je nage. Trois fois par semaine. Ce midi, j’ai pris un cours de crawl à la belle piscine sans chlore de Belleville. Je termine bientôt mon gros boulot, un finissage palpitant qui m’exilera tous les jours dans le XIVe pendant cinq semaines, bref, c’est chouette. Le reste suit. Doucement.