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	<title>popincourt.com et puis voilà quoi. &#187; travailleur</title>
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		<title>Pôle emploi</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Feb 2011 14:23:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
				<category><![CDATA[travailleur]]></category>

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En 2002, quand je débarquais tout frais tout jeune et tout con à Paris, j’avais quelques mois de réserves. Pour venir, j’avais d’abord négocié un licenciement dans l’agence pour laquelle je travaillais en province pour pouvoir garder des sous de coté, histoire de pas mourir de faim, et j’accumulais, petit à petit, mes premières piges [...]]]></description>
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<p style="text-align: justify;">En 2002, quand je débarquais tout frais tout jeune et tout con à Paris, j’avais quelques mois de réserves. Pour venir, j’avais d’abord négocié un licenciement dans l’agence pour laquelle je travaillais en province pour pouvoir garder des sous de coté, histoire de pas mourir de faim, et j’accumulais, petit à petit, mes premières piges comme <a href="http://www.fnsac-cgt.com/home.php" target="_blank">intermittent*</a>. Ça s’est toujours plutôt bien passé, j’ai eu de la chance, j’ai eu mon statut rapidement, et je l’ai jamais vraiment perdu, sauf en 2005, où les retards de traitement étaient dramatiquement longs. Mais j’ai pas eu à fréquenter les bureaux de l’emploi. Le temps perdu à l’inscription m’avait suffi. « Vous devriez penser à vous réorienter, l’intermittence c’est fini». «Vous avez trop de compétences pour mon logiciel. Vous êtes sûr que vous savez faire et le cadre, et le point, et faire la lumière sur une caméra? » « On a qu’à dire que vous ne parlez pas allemand, là ça rentre ». Depuis, plus de nouvelles, à part le pointage mensuel et d’autres broutilles, Pôle Emploi me laisse cotiser et m’indemnise. De moins en moins avec les réformes qui passent, les copains du spectacle vivant crèvent la gueule ouverte, mais pour moi ça tient encore. La télé a de l’argent. J’ai pu faire des choses chouettes, des choses moins chouettes, réaliser quatre documentaires, rencontrer des gens formidables qui m&#8217;ont fait confiance, me perdre en Afrique, en Arizona ou dans la baie de Somme, recevoir des coups de matraque et danser le chachacha avec des grands-mères aux cheveux violets. Entre autres.</p>
<p style="text-align: justify;">Surprise, cette semaine, le « Pôle emploi audiovisuel spectacle Jean Renoir » a décidé de s’occuper de moi, en m’invitant aux « Conversations audiovisuelles ». Deux fois par texto, deux fois par robot téléphonique dont un à 21h, plus un mail. Une affaire d’importance. Sur le papier, c’est très joli:</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">« Un professionnel confirmé de l’audiovisuel répond aux questions préparées par un conseiller pôle emploi spectacle. Également, face à lui, une soixantaine de demandeurs d’emplois professionnels de l’audiovisuel, invités et posant les questions de leur souhait sur le parcours, les rencontres décisives, la formation de l’invité &#8230;. »</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><img class="alignnone size-full wp-image-3216" title="assd2" src="http://popincourt.com/images//assd2.jpg" alt="assd2" width="500" height="359" /></p>
<p style="text-align: justify;">Deux professionnels, beaux et à la tête bien faite, Patrice Carmouze et Alex Goude (le mec de incroyable talent sur M6), pour éveiller les masses des travailleurs du spectacle. On croit rêver. Qu’ont-ils à partager ces mecs-là ? Que les chaines et les boites de prod dans lesquelles ils bossent ne déclarent jamais les heures supplémentaires? Que les piges journalières font désormais 7 heures au lieu de 8, pour ne pas être obligé de payer au niveau de la convention collective ? Que des stagiaires deviennent cadreurs et sont payés en tickets-restaurants ? Que les standardistes sont déclarées intermittentes afin que leur employeur ne paye que la moitié de leur salaire ? Qu’on te demande désormais de rapporter du son de merde parce que « tu comprends, on a pas le budget pour l’ingé son, et ton métier a changé, faut savoir tout faire » et que de toute façon « le son on s’en fout » ?</p>
<p style="text-align: justify;">Juste, cher Pôle Emploi, ces émissions de bouse, j’en ai fait des tas, et parfois, j’y vais encore, parce que oui, j’ai besoin de travailler, faire mes heures, payer mon loyer, m&#8217;acheter des choses inutiles, tout ça. Mais j’ai pas envie que tu me donnes la main pour y aller. Sincèrement, c’est pas pour ça que j’ai choisi de vivre dans ce régime bancal de l’intermittence, qui doit normalement permettre aux techniciens et aux artistes de créer. Et pas, avec nos cotisations, permettre à TF1 et M6 et même France Télévisions, de se gaver ou faire des économies en employant de la main d’oeuvre flexible et précaire en fabriquant des émissions qui rendent idiot. Ou raciste. Ou idiot et raciste. Et surtout, il y a le medef et la cfdt qui veulent &#8220;en finir&#8221; avec ce régime, juste parce qu&#8217;il ne sert plus qu&#8217;à ça. Et qu&#8217;avec ses réformes progressives, ceux qui en avaient le plus besoins, les plus fragiles, ceux du spectacle vivant et du cinéma, ils sont déjà dehors.</p>
<p style="text-align: justify;">Heureusement, ton dernier sms indiquait « ce rendez-vous n’a rien d’obligatoire ». Ouf. Parce que j’irai pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour l&#8217;ambiance, &#8220;La java des Assediques&#8221; par Anne Sylvestre</p>
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		<title>Les petites portes</title>
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		<pubDate>Sun, 26 Jul 2009 21:45:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>popin</dc:creator>
				<category><![CDATA[bavard]]></category>
		<category><![CDATA[travailleur]]></category>

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		<description><![CDATA[Je sens souvent comme un imposteur. Dans tous les boulots que j’ai fait. Quand j’étais barman, quand j’étais moniteur de voile. Quand j’étais standardiste. Quand j’étais ouvreur et que pendant les pièces je bouquinais caché dans les couloirs du théâtre. Quand le contrôleur du train passe, je suis déjà coupable. Si un courrier recommandé arrive, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je sens souvent comme un imposteur. Dans tous les boulots que j’ai fait. Quand j’étais barman, quand j’étais moniteur de voile. Quand j’étais standardiste. Quand j’étais ouvreur et que pendant les pièces je bouquinais caché dans les couloirs du théâtre. Quand le contrôleur du train passe, je suis déjà coupable. Si un courrier recommandé arrive, je cours à la poste, tout inquiet imaginant le pire. Quand le sort me choisit pour une bonne nouvelle, je pense à une erreur. Même quand j’ai eu mon bac, j’ai eu l’impression de ne pas l’avoir vraiment mérité. Que ça n’allait pas tenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Mes parents &#8211; pour mon frère et moi mais moins pour ma petite soeur &#8211; ont toujours voulu qu’on se débrouille. Qu’on gagne nos sous, qu’on se paie nos apparts, nos affaires, nos sorties. Parfois, ils comblaient des petits trous à la banque, ou nous accompagnaient remplir un caddie à Auchan quand on faisait trop pitié. Ils ne nous laissaient pas mourir, mais si on voulait partir de la maison, hé ben c’était “débrouille-toi”. Si on voulait fumer, sortir, tout ça, vivre comme un grand, “débrouille-toi”. Je me suis débrouillé. J’étais content parce que ça marchait plutôt bien. J&#8217;ai eu de la chance. L’autonomie a tout de suite senti bon le vent de la liberté. J’ai planté nonchalamment mes deux premières années d’histoire et mes petits boulots ont finalement remplacé les études. Entre les trucs alimentaires et les piges dans la presse quotidienne régionale, j’ai tricoté un peu, et finalement, ça a fonctionné. Le plus drôle, c’est que tout a vraiment commencé en achetant, sous les conseils d’une copine avec qui je déjeune demain, le “guide de la pige”. J’ai suivi à la lettre le chapitre “proposer un papier” et ça a marché. C’était un article sur les sans-papiers. Il y a dix ans, jamais je n’aurais pensé être là où j’en suis maintenant. Rien que d’imaginer être parisien, ça me faisait couiner, alors le reste&#8230; Je regardais les résumés de Télé-Dimanche avec fascination. Aujourd’hui c’est complètement démystifié, j’ai vu, goûté, et je suis passé à d’autres choses. De près, le flux, c’est beaucoup moins rigolo et intéressant. Mon parcours est tout sauf académique. J’ai l’impression d’avoir triché. Alors, à chaque fois qu’un nouveau projet débute, comme en ce moment, je me dis ce sera le dernier. Qu’après, certainement, il faudra trouver un autre boulot, parce que quand même, ils vont bien se rendre compte, que ça serait trop facile&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Ça fait huit ans que peu ou prou je suis dans le même bidule, et malgré tout mes oripeaux je continue à avancer, petit à petit. Toujours avec le sentiment lancinant de ne pas être légitime. Toutes ces années m’ont surtout donné des compétences techniques, mais je garde la même fébrilité sur le fond. Du bricolage artisanal là où il faudrait avoir de la créativité. Et vraiment, c’est laborieux. J’ai eu des petits succès -quand j’ai eu un T dans Télérama je suis resté en lévitations quelques jours, la vendeuse de la maison de la presse de Noirmoutier s’en souvient peut-être encore- mais j’ai toujours peur de la confiance qu’on me donne. Peur de faire du moyen, du passable, du mauvais, du nul. Je suis pas né avec la cuiller d’argent dans bouche, tout ça, mais j&#8217;ai eu de la chance. J&#8217;ai rencontré les bonnes personnes au bon moment. Je suis rentré par des petites portes, en grattant proprement à l’entrée. Et puis je me suis fabriqué au contact d’autres. On m&#8217;a fait avancer. On m’a appris. Aujourd’hui, comme toujours, j’ai peur de décevoir. De les décevoir. Et c’est épuisant de se sentir toujours sur la brèche. J’en discutais cet après-midi avec ma collègue, ma jambe droite, celle qui mange des salades de fleurs, et elle me disait ressentir la même chose. Nous sommes des imposteurs. Elle dit que “c’est ce qui nous fait garder les yeux ouverts”, ce qui nous protège de l’aigreur. Se retourner, un peu, pour voir le chemin parcouru, mais surtout rester concentré sur aujourd’hui, maintenant, tout de suite, là. Je suis là.</p>
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